10 août 2006

Les deux sous la main.

On s’était installé en bas de l’immeuble dans le hall d’entrée, bravant les regards des voisins qui ne supportaient pas lorsque des gamins restaient ici, mais là on ne faisait rien de mal, on était assis tranquillement derrière le petit mur qui faisait recoin pour cacher les boîtes au lettre.

 

Il y avait pas mal de place pour nous deux, pourtant Richard avait choisi de s’asseoir juste contre moi. Ses cuisses touchaient les miennes, et cela me suffisait pour imaginer tout le reste et commencer à être excité. Je ne me reconnaissais pas, il était quand même vraiment particulier parce que, combien de fois j’avais été aussi proche, voir plus (ayant dormi dans le même lit qu’un copain, un an auparavant, pendant une semaine de vacances et dans un lit une place !) mais jamais cela ne m’avait fait cet effet là.

 

Je brisais le silence une première fois :

 

« - Richard ?

 

-        quoi ?

 

-        Je peux te poser une question ?

 

-        Je t’écoute ?

 

-        C’est quoi l’amour pour toi ? »

 

Je sais elle n’était pas simple ma question, mais j’avais besoin de savoir quels mots il allait mettre sur ce sentiment. Il faisait une drôle de tête, j’avais l’air de lui avoir poser une colle… Pas de réponse, je brisai le silence une deuxième fois :

 

« - Alors, tu me dis ?

 

-        Ben, t’en a de ces questions toi ! c’est quoi l’amour pour moi ?

 

-        Oui ?

 

-        C’est euh, quand tu ne peux pas réfléchir sans penser à l’autre, quand tout ce que tu fais, ce que tu penses te ramène à l’autre, quand tu t’aperçois que ton cœur bas la même mesure que l’autre, bref quand un et un font un.

 

-        C’est beau !

 

-        Oui mais ça peut être vite chiant ou faire mal si l’autre ne ressent pas la même chose !

 

-        Oui, mais quand tu dis l’autre, tu penses…

 

-        Ah je te vois venir, fit il en m’interrompant, quand je dis l’autre est ce que je pense à une fille ou à un garçon ?

 

-        Oui, c’est ça, tu commences à me connaître toi !

 

-        Et bien, je pense que je vais te faire plaisir en te disant que pour moi, l’amour n’a pas de sexe, on aime, c’est tout, et on ne choisit pas forcément qui

 

-        Donc tu pourrais aimer un garçon ?

 

-        Ca ne m’est pas encore arrivé, mais oui je pense, par contre je me vois mal coucher avec !

 

-        C’est quoi qui te dérange ?

 

-        Je sais pas, ça me paraît crade, mais bon je connais pas non plus.

 

-        Tu as déjà couché avec une nana tu m’as dis,

 

-        Ben oui et même pas qu’une seule !

 

-        Tu l’as jamais prise par derrière ?

 

-        Et ben, te voilà bien téméraire d’un coup dans tes questions ? tu veux dire en levrette ?

 

-        Non je veux dire sodomie !

 

-        Ah ! carrément ! il est où le mec timide là ?

 

-        Pas avec toi !

 

-        Oui je vois ;

 

-        Cela te dérange ?

 

-        Meuh non, je m’en fou, donc non j’ai pas pratiqué cela encore

 

-        Tu dis encore, donc tu aimerais ?

 

-        Essayé, ben oui c’est clair !

 

-        Donc ce n’est pas crade pour toi ?

 

-        Ah je vois où tu veux en venir, non ce n’est pas crade mais je parlai pas forcément de sodomie, je parlai de sucer le mec, de se toucher, enfin je sais pas, ça me fait bizarre… Pourquoi, tu as envie de te faire prendre toi ?

 

-        Mais non, arrête ! on discute c’est tout !

 

-        Oui mais bon, tes questions sont directes et sur un seul sujet, donc on peut croire que tu as envie d’essayer !

 

-        Essayer peut être, mais me faire mettre non, c’est moi qui arrose, si tu vois ce que je veux dire !

 

-        Oui, très bien, jolie image ! »

 

Nous étions en train de rigoler, moi la tête poser sur son épaule et lui la sienne enfouie dans ses mains, quand on entendit :

 

« - et bien, qu’est ce qui vous fait rire comme cela ? »

 

C’était les filles qui nous avaient retrouvé au son de nos voix. Je m’apprêtai à leur dire qu’on était parti dans des délires de mecs, tout en me levant quand Richard lança :

 

-        on parlait des homos et de leurs pratiques !

 

-        Ben en tout cas cela vous fait rire ! »

 

Je ne savais plus où me mettre, je ne pensais pas que Richard allait parler de cela, comme ça, et même s’il n’avait rien dit d’extraordinaire, il avait lancé le sujet, et ça cela me dérangeait.

 

« - et qui ferait la femme, lança Sandrine toujours sur la défensive en rapport avec notre petit entretien d’avant

 

-        Ben écoute, si tu te proposes, je veux bien, lança Richard, mais en revanche si tu parles de moi et Yahn, c’est ni l’un ni l’autre puisque ce n’est pas ce que l’on recherche !

 

-        Sandrine ! fit Corinne un peu étonnée, tu ne serais pas en train de les traiter de pédé par hasard ? Tu es pourtant la mieux placer pour savoir que Yahn ne l’est pas ?

 

-        Mais peut-être croit elle que je le suis ? dit Richard

 

-        Non, mais j’ai surtout horreur qu’on se moque des gens qui sont différents, alors pour calmer le jeu, je vous ai mis sur le même point

 

-        Et bien, premièrement on ne se moquait pas d’eux mais on rigolait de la pratique sexuelle, et deuxièmement je n’ai rien contre les homos et cela ne me dérangerait absolument pas que tu me prennes pour un homo, c’est des types bien en général ! »

 

Il s’en était sorti avec brio, comme d’habitude et avait mouché Sandrine, sans être trop désagréable, ce qui m’arrangeait particulièrement. Je n’avais pas quitté des yeux Corinne pendant toute leur petite altercation, et je me rendais bien compte qu’elle buvait les paroles de Richard, et qu’elle ne le lâchait pas une minute des yeux. Son charme avait encore agît, mais cela ne m’allait pas du tout !

 

Richard sentait que j’étais un peu embarrassé par la conversation et gêné par le regard insistant de Corinne, qu’il avait lui aussi évidemment remarqué. Il se leva également et se tourna vers moi :

 

« - On bouge Yahn ?

 

-        Euh oui, tu veux aller où ?

 

-        Je sais pas moi, j’suis pas d’ici, vous connaissez un coin tranquille pour discuter les filles ?

 

-        Oui, y a bien au fond du parc là, vers les noisetiers ? fit Corinne

 

-        Arrête dis, Sandrine, c’est là où tous les mecs emmènent leur nana, tu parles d’un coin tranquille !

 

-        Oui, t’as raison, dis-je, on va pas les regarder s’activer pendant que nous parlons !

 

-        Ben on est pas obligé de parler, fit Richard, hein les filles, on peut s’occuper autrement ?

 

-        Tu crois quoi toi ? fit Sandrine, que tu vas te taper ma sœur ?

 

-        Sandrine, t’es chiante ! fit Corinne, tu as bouffé du lion ou quoi ?

 

-        Non mais moi, ça me gonfle, je crois que je suis resté sur notre dernière conversation, je savais que je ne devais pas du descendre.

 

-        Attends, je ne t’ai pas mis le couteau sous la gorge non plus, allez reste, joue pas ta chieuse, on va discuter

 

-        Ben écoute Corinne, si tu veux rester, reste, moi je remonte !

 

-        Allez Sandrine, écoute ta sœur, fit richard, soit cool

 

-        Ben écoute, t’as l’air intéressé plus par ma sœur que par moi, alors ne t’embête pas à faire le mec sympa

 

-        Là t’es vraiment lourde, fis je énervé

 

-        Ah oui, c’est ça, c’est touche pas à mon pote, allez bye ! fit Sandrine en prenant la direction de l’ascenseur.

 

-        Ok, à bientôt… peut-être lui dis je

 

-        N’en rajoute pas, elle a l’air super énervé, me dit Richard,

 

-        Ben écoute, sauf ton respect Corinne, je m’en fou un peu en fait, elle me gonfle

 

-        Oui et bien je ne sais pas ce que vous avez tous les deux mais cela ne te permet pas de lui manquer de respect, surtout devant moi

 

-        Non je voulais pas..

 

-        Tu voulais pas, mais tu l’as fait, fit elle en me coupant la parole. Bon les gars, je vais voir ce que je peux faire, je remonte moi aussi

 

-        Tu veux pas rester ? fit Richard

 

-        Non, je vais essayer de la calmer, la connaissant elle doit être sur son lit en train de pleurer, allez, peut-être à toute à l’heure

 

-        Ok, j’espère, fit Richard. »

 

Elle lui sourit et s’en alla en direction des escaliers. Richard la regardait partir, son regard suivait le balancement de ses fesses, fort agréable d’ailleurs.

 

« - tu vois pour en revenir à ce qu’on disais, quand je vois un cul comme ça, oui ! je suis pour la sodomie ! » Il éclata de rire et je le suivais illico.

 

« - en tout cas, elle est encore plus belle quand elle est en colère

 

-        oui c’est clair, en tout cas tu lui plais toi aussi !

 

-        Tu crois ?

 

-        Ben, on voit que ça, elle te dévore du regard !

 

-        Ben je préfèrerai qu’elle me dévore autre chose !

 

-        Oui mais bon…

 

-        Oui je sais, elle est pour toi, c’est ça ?

 

-        Ben écoute, c’est une fille, elle n’est donc à personne, mais c’est sûr qu’elle me plait à 200% mais si elle est avec toi, moi ça m’irait quand même comme ça, j’aurai les deux sous la main !

 

-        T’es trop toi ! les deux sous la main, trop fort, tu ne perds pas le nord !

 

09 août 2006

Elle est sublime.

Elle est sublime.

Sandrine me regardait et se demandait ce que j’attendais pour aller dans l’entrée, ma mère m’appela une deuxième fois, moi j’étais perdu dans mes pensées.
Le simple fait que Sandrine croise Richard me dérangeait. Je ne voulais pas qu’il se fasse une opinion de la sœur avant de voir Corinne, je ne savais pas pourquoi, mais pour moi c’était plus facile de lui en parler que de lui montrer. J’avais un peu honte de ma réaction car Sandrine devait vraiment penser que j’avais honte d’elle.
« Tu m’excuses deux secondes, je reviens
- oui oui, vas y, de toute façon, on finira cette conversation une autre fois, si tu as un copain
- Ok, je te raccompagne ?
- Euh oui. »
Visiblement, j’avais devancé ses pensées, elle comptait bien rester un peu pour participer à notre future conversation ou au moins pour être présentée, mais elle compris vite qu’elle dérangeait vraiment.
Arrivé dans l’entrée de l’appartement, Richard était là juste vers la porte, ma mère était retournée dans la cuisine, il attendait sans rien dire.
« - ben maman ! tu aurais pu le faire entrer !
- Mais il est entré, me répondit elle du fond de la cuisine
- Ben oui mais quand même pourquoi tu lui as pas montré le chemin de ma chambre ?
- Et ben, tu me fais pas le même fromage pour Sandrine dis moi, prit elle plaisir à remarquer sachant l’effet que cela ferait à tout le monde
- Laisse, dit Richard, c’est bon, ta maman m’a fait patienté, y a pas de souci !
- Oui, fit Sandrine, t’es pas aussi embêté avec moi !
- Et n’en rajoute, lui dis je visiblement énervé.
- Bon ok c’est bon ! se retournant vers Richard, ravi de t’avoir rencontré, même si on nous a pas présenté, à plus peut-être
- Oui, à plus bonne après midi, fit Richard.
Elle ouvrit la porte et ne prit pas le temps de me dire au revoir, elle était visiblement très en colère. Je fis un clin d’œil à Richard, pour lui faire comprendre que tout allait bien, et que cela ne me dérange pas qu’elle s’en aille au contraire.
Je fis signe à Richard de me suivre, et nous prîmes la direction de ma chambre. Il y avait quelque chose qui me chiffonnait en lui mais je ne savais pas dire quoi. Un détail, quelque chose dans sa silhouette puis, d’un coup cela me sauta aux yeux, il n’avait pas de sac.
« - t’as pas pris d’affaire ?
- ben en fait, je comptais repasser chez moi après un truc et comme j’étais dans le coin, je me suis dis que c’était con d’y aller pour faire demi tour ensuite.
- Ah ok, tu veux qu’on fasse comment alors ?
- Ben, je vois trois solutions, je dors pas ici, ou tu me prêtes des sapes pour demain, ou on va chez moi et tu dors chez moi.
- Euh, pas dormir ici, sûrement pas, je te prête des sapes, sans problème on devrait trouver cela, je dors chez toi, ce serait avec plaisir, mais je me vois mal entreprendre encore un marathon avec mes parents pour arriver à les décider de changer le programme et me laisser découcher une seconde fois !
- Alors va pour tes fringues, moi ça me va.
- Ok.
- Sympa ta chambre !
- Oui sans plus, elle est petite mais je m’y sens bien, et ce n’est pas un luxe car j’y passe du temps !
- Oui, c’est cool les petites chambres, c’est plus intime. Alors c’est quoi le programme
- Ben tu sais chez moi, ce sera pas pizza tranquille et film de cul ! y a mes parents et j’ai pas de télé dans ma chambre
- No problème, je suis pour le changement !
- En fait, je pensais qu’on allait descendre un peu discuter, en espérant que Corinne sorte ou passe par là pour que je te la montre
- Ah oui, ça c’est sûr que je veux la voir ta Corinne ! mais il faut aller la chercher, ce sera plus sûr !
- Non mais t’es fou toi ! déjà j suis trop timide pour ça et en plus, y a Sandrine elle va me tuer si je monte maintenant et en plus pour aller chercher sa sœur.
- Oui c’est clair mais on peut faire une paire de couilles !
- Quoi ??
- Une pierre deux coups, tu connais pas l’expression !
- Ben si celle là mais je m’attendais pas à l’autre !
- Hehe ! je t’explique le plan ?
- Oui mais je sais pas si ça va être un bon plan !
- Ben écoute le au moins avant de juger ! donc, on monte, tu dis à Sandrine que t’es venu pour t’excuser et me présenter, et tu voudrais aussi me présenter à Corinne et savoir si elle voulait pas toutes les deux descendre discuter avec nous. Comme ça, tu ne seras pas obligé de te planquer pour sortir les 15 prochains jours pour pas que Sandrine te voit, tu me présente Corinne, et on passe un moment avec les deux sœurs et je te dis ce que j’en pense !
- Tout à l’air vraiment simple avec toi ! mais je crois que tu ne connais pas Sandrine, elle est capable de me claquer la porte au nez !
- Et alors, tu auras essayé, et comme cela elle reviendra quand elle veut
- Oui mais bon, moi je ne suis pas comme toi, j’aime pas aller au conflit, ça me fait chier.
- T’as peur de quoi ? de prendre un vent ? et alors ? tu ne vas pas en mourir !
- Non c’est sûr, mais je n’ai même pratiquement jamais parlé à Corinne et tu veux que je l’invite à descendre avec nous ?
- Oui, je veux
- Ben moi je ne peux pas, je suis désolé, j’y arriverai pas !
- Ecoute, tu arrêtes de te faire un film de tout et tu viens, on monte les voir. »
A peine avait il finit sa phrase, qu’il était déjà sorti de ma chambre, ne me laissant pas d’autre choix que de le suivre. On était sorti de mon appartement, dans les escaliers, entre deux étages, quand la trouille me pris à la gorge. Je ne pouvais pas faire cela, j’étais vraiment tétanisé. J’avais arrêté de monter les escaliers, je ne bougeai plus, ne disais rien. Richard me regarda et compris. Il se plaça juste à côté de moi, son visage à 5 cm du mien, me pris le visage entre ses deux mains et me dit :
« - ne crois pas que je ne sache pas ce que tu ressens ! je sais ce que c’est la timidité, mais tu sais, le trac une fois que c’est passé, tu te demandes vraiment pourquoi tu te fais une montagne de ce que tu devais faire ! Respire un bon coup, prends ton courage à deux mains et on y va, fais moi plaisir. »
La tendresse qu’il y avait dans ses gestes, ses mains, son visage et ses paroles me fit oublier tout le reste. Il m’avait donné des ailes, simplement en me regardant, en me touchant…
Je venais de sonner à la porte des filles, la boule d’angoisse revenait petit à petit.
Joie et peur me sautèrent à la gorge quand je vis Corinne ouvrir la porte :
- Bonjour Yahn, fit elle avec un large sourire, tu veux voir Sandrine ? »
Non, je la voyais elle, et cela me suffisait ! Elle était rayonnante, son regard bleu clair me transperçait, j’étais subjugué. J’’aimai ce que je ressentais à ce moment là car c’était pour une fille, et cela me réconfortait. J’avais toujours au fond de moi, cette peur mélangée à la honte des sentiments que j’éprouvai pour Richard, alors quand je voyais l’effet que me faisait Corinne, j’étais quelque part soulagé… Bêtement.
- Euh oui, voir Sandrine, mais toi aussi
- Moi ? pourquoi ?
Là, c’était déjà énorme ce que j’avais fait, mais bon elle m’en demandait beaucoup en voulant savoir pourquoi. Je ne bougeais pas, ne disais plus rien mais je senti la présence de Richard derrière moi
- Euh, je te présente Richard un pote à moi, Richard c’est Corinne ! »
Je me poussais un peu pour laisser la place à Richard qui n’hésita pas une seconde à se pencher pour lui faire la bise et lui parler
- Salut Corinne, bon alors je viens réparer la grave erreur que viens de faire mon meilleur pote avec ta sœur, et je suis sûr que tu vas nous aider !
- Ben, si je peux oui dit moi, fit-elle
Il avait une facilité à tout arranger qui me sidérait. Elle lui parlait comme si elle le connaissait depuis toujours, le regardait avec un grand sourire qui cachait difficilement l’attirance immédiate qu’elle eut pour lui.
- Ok, alors voilà, je viens de croiser ta sœur chez Yahn, les présentations ont mal été faites, voir même pas faites du tout, donc on recommence tout à zéro. Je te propose de venir nous rejoindre en bas avec ta sœur, pour qu’on face connaissance et qu’on passe un moment ensemble, tranquilou !
La manière dont il avança la chose me coupa les jambes, c’était si simple pour lui, mais la réponse de Corinne m’étonna encore plus
- Ok alors, tu nous accordes 5 minutes, le temps pour moi de convaincre ma sœur et de me changer. »
Hallucinant, il avait obtenu ce que je recherchais depuis 2 ans, en 2 minutes. Comment voulez vous que je ne sois pas en admiration ! J’allais dans 5 minutes me retrouver avec les deux personnes qui comptaient le plus pour moi. J’étais toujours aussi angoissé, mais heureux.
Dans l’ascenseur, Richard me tendit la main pour que je tape dedans, ce que je fis immédiatement, puis il me dit :
- Mon gars, tu as du goût, elle est sublime… »
Cette phrase a pris toute sa force depuis, et je pense que finalement, le plaisir que j’avais quand il me l’a dit n’aurait pas été aussi intense, si j’avais pu imaginer la suite.

08 août 2006

Au quatrième sous-sol

Ses lèvres étaient douces, sa manière d’embrasser à tomber, sa langue cherchait la mienne, se mêlait, se démêlait, tendrement, je n’avais jamais éprouvé autant de plaisir en embrassant quelqu’un, de ma toute petite vie amoureuse. Mes mains serraient les draps de son lit, on aurait pas pu me les retirer, les siennes étaient posées, l’une sur ma cuisse, l’autre sur mon coup, l’avant bras posé sur mon épaule, me tenant tendrement la nuque. Je n’arrivais pas à croire se qu’il se passait, et encore moins à accepter ce que je ressentais, j’étais vraiment heureux. Je ne pouvais plus laisser mes mains sur les draps, je commençais à l’enlacer timidement.
Il s’arrêta quelques secondes après et se recula pour me dire :
« J’ai une bonne nouvelle pour toi !
- ah bon ? quoi ?
- je n’ai rien à t’apprendre, tu connais très bien la technique, c’était même presque agréable !
- sympa pour le presque !
- Ben faut pas t’attendre non plus à des merveilles, je ne suis pas bi, je te rappelle
- Oui, c’est bon, je le sais ! donc je ne me débrouille pas trop mal alors
- Oui, c’est top
- Ben faut dire que j’étais vachement inspiré avec toi, je ne sais pas si j’suis comme ça avec Sandrine, mais sûrement qu’avec Corinne, je ferai peut-être même mieux !
- Ah ben tu vois que tu as de l’espoir !
- Je peux vérifier quelque chose sans te faire peur ou t’offusquer ?
- Ben ça, bien sûr, j’ai total confiance en toi
- Ok, alors »
A peine prononcé ces mots, je posais ma main sur son caleçon, juste au bon endroit. Il n’y avait eu aucune réaction suite à notre échange.
« - Ben ça se confirme vraiment que je ne te fais aucun effet !
- la confiance règne, tu es obligé de vérifier ? je te le dis moi, je t’aime beaucoup mais pas comme tu le voudrais. Pourquoi, toi tu es en forme ? »
Je me penchais pour allumer la lumière et lui montrai mon caleçon complètement déformé par l’excitation intense dans laquelle je me trouvais. En regardant en même temps que lui, je m’aperçu qu’on aurait dit que mon sexe n’en pouvait plus d’être enfermé et qu’il tentait désespérément de déchirer le tissu qui l’entravait !
« - Putain, fit Richard, toi faut te soulager à nouveau, tu vas jamais pouvoir dormir, je suis désolé de te mettre dans cet état !
- Non, c’est bon, je vais me calmer, je vais quand même pas passer la soirée à me branler !
- Y a pas de mal à se faire du bien !
- Ben alors, fais moi du bien ! lui dis je en rigolant
- Ah ben on va s’arrêter là, hein ? dit il lui aussi en rigolant »
J’appréciais énormément ce qu’il venait de se passer, non pas forcément le côté sexuel du moment mais plus le rapprochement que l’on venait d’avoir, nous étions maintenant très complice, cette relation était tout ce que je cherchais, le sexe, je m’en foutais un peu, j’avais besoin de lui comme un ami mais le véritable ami, le seul, l’unique, celui avec qui on partage tout y compris ses fantasmes, avec son consentement bien évidemment.
La nuit fut très courte mais plutôt bonne. Le matin, j’avais un peu peur que cela ne soit plus pareil, qu’il ait réfléchi pendant la nuit, qu’il se soit posé trop de questions qui détruiraient les instants vécus, mais non, notre complicité était intacte, et les allusions à notre soirée, agrémentées de petits clin d’œil ne manquaient pas lors de notre petit déjeuner en compagnie de sa mère.
J’appréciai le fait aussi qu’il n’avait absolument rien changé de sa manière d’être avec moi, sa manière de faire ou de penser, allant jusqu’à continuer à se changer dans la même pièce que moi, en étant nu face à moi et discutant tranquillement tout en s’habillant, sans aucune équivoque, prouvant à mes yeux qu’il avait complètement compris et accepté le fait que dans ma tête je n’étais pas homo mais peut être bi et en tout cas attiré par lui sans jamais lui imposer quoique ce soit.
Il me restait à passer le cap du bahut, car c’était un monde différent, où nous étions nous même différent. Mais même là, il ne changea rien, ou plutôt si, notre complicité était resté la même et il m’accordait beaucoup plus de temps qu’avant.
Le jeudi matin, il vint vers moi pour me demander si cela tenait toujours pour que l’on se voit chez moi ce week-end. Ne croyant pas qu’il veule venir passer un autre week-end si rapidement avec moi, je n’en avais pas parlé à mes parents. A peine m’avait il posé la question que j’étais en route pour la cabine téléphonique, à l’accueil du collège. Cela ne fût pas simple de faire accepter l’invitation à ma mère, la prévenant au dernier moment, mais je lui fis remarquer que ce n’était pas non plus un prince qu’on allait recevoir, et que je ne lui demandais rien de plus que de prévoir une personne de plus à table.
L’affaire rondement menée, je courrai annoncer la nouvelle à Richard, qui pour moi était une excellente nouvelle.
Les deux jours passèrent plus lentement que d’habitude, mon impatience à vivre d’autres moments privilégiés avec Richard étant tellement forte.
Le samedi, la sonnette de notre appartement retenti. Je n’eus pas le temps d’aller à la porte d’entrée, avant que ma mère ne l’ouvre.
« Bonjour madame,
- ah bonjour Sandrine, comment tu vas ? entre ! »
J’avais beau faire de grands signes en forme de moulin à vent à ma mère pour attirer son attention et lui demander qu’elle parte, elle s’empressa de la faire entrer.
« Tiens regarde qui vient t’accueillir Sandrine, fit elle en me montrant du doigt
- Bonjour Yahn, je peux te parler 5 minutes ?
- Salut, oui tu veux quoi ?
- Mais yahn voyons, allez dans ta chambre, vous serez mieux pour discuter, me dit ma mère »
Elle avait un don pour mettre les pieds dans le plat, et m’embrouiller une affaire qui aurait pu être pliée en 2 secondes. Je crois aussi qu’elle voyait que j’attendais mon pote, et que cela l’embêtait que je puisse jeter ma copine sous prétexte qu’un copain venait… solidarité féminine, je suppose.
On était maintenant dans ma chambre, moi assis sur mon bureau les pieds sur ma chaise, et Sandrine assise sur mon lit ;
- Yahn, j’ai l’impression depuis quelque temps que tu ne veux plus vraiment sortir avec moi, mais que tu ne sais pas comment me le dire. »
Je ne sais pas comment font les filles, mais elles ont un pouvoir à deviner ce que l’on ressent qui m’a toujours subjugué. Mon problème, c’est que j’étais trop gentil, et je ne voulais donc pas lui faire de mal.
« - non, non pas du tout, ne dis pas cela, c’est juste que j’ai plein de trucs en ce moment, et que j’ai pas eu beaucoup de moments à moi !
- oui et t’en a pas eu beaucoup pour moi non plus
- ben oui c’est sûr, tu sais, j’ai pas de souci avec toi, je t’assure
- ben moi, j’en ai un
- Ah bon ? vas y dis moi
Mais à ce moment là, ce que je redoutais depuis le début de la conversation arriva, on sonnait à la porte.
« - Yahn, tu viens s’il te plait, c’est ton ami ! »
Richard était à la porte de chez moi, Sandrine dans ma chambre, Corinne certainement au dessus de nous dans sa chambre, et moi… au quatrième sous sol.

07 août 2006

Leçon n°1

« - Tu dors ? Me fit il au bout d’un moment
Dormir, je ne vois pas comment je pouvais dormir après ce que l’on venait de faire et la conversation que l’on avait eue. J’étais plutôt parti dans mes pensées, et bizarrement, je pensais à Corinne et richard en même temps.
« - Non, je n’y arrive pas… toi non plus à ce que je vois !
- Ben non, en fait, je suis en train de repenser à tout ce qu’on a dit
- Moi aussi..
- Et ça me fait chier !
- Ah bon, mais je croyais que cela ne te dérangeait pas ?
- Non mais pas dans le sens où tu le crois, ça me fait vraiment chier de te faire du mal comme cela
- Mais tu n’y es pour rien, et tu me fais pas de mal, t’es quand même le pote le plus cool que je connaisse, j’aurai pu me prendre un sacré râteau avec un autre !
- Oui c’est clair, j’ai des potes, ils peuvent pas piffrer les pédés, t’aurai pu plus mal tomber c’est clair ! Non mais, moi comme je te le disais, je t’aime bien, t’es différent de mes autres potes, tu me prends pas la tête comme eux, j’ai pas l’esprit de compétition avec toi, je sais pas si tu me comprends ?
- Oui, je pense ! tes potes, t’aimerais pas par exemple qu’ils sachent ce qu’on vient de faire
- Ben quoi ? on a fait quoi ?
- Ben se branler l’un à côté de l’autre !
- Arrête, je l’ai déjà fait avec d’autres potes, c’est pas un souci ça, on sait bien que tous les mecs se branlent
- Ah bon ? tu l’as fait avec un mec du bahut ?
- Oui, Rémi par exemple, mais c’est surtout avec des potes d’ici, quand on mate les films de cul dans la cave à Samir.
- Ah oui ? Rémi, c’est marrant, je n’aurai pas cru
- Non mais attend, c’est pas comme toi, tu vois ce que je veux dire sans te vexer ? c’est entre pote, en pensant aux nanas
- Oui, merci, j’avais compris, y’a que moi qui ne suis pas normal !
- Arrête j’ai pas dis ça, ça n’a rien à voir avec normal ou pas, en plus j’ai un autre pote qui est pédé
- Mais je ne suis pas pédé !
- T’es quoi alors ?
- J’en sais rien, mais je ne suis pas pédé. J’aime les nanas, d’ailleurs y’en a une que j’aime vraiment ;
- Cool, c’est qui ?
- Tu ne la connais pas
- Dis moi, on ne sait jamais
- Mais non, c’est une voisine
- Ah, et tu sors avec elle ?
- Ben non, avec sa sœur
- Quoi ? j’suis mort de rire,
- Ben pas moi, pas vraiment tu vois, j’ai plutôt les boules, mais j’suis tellement timide, que je n’arrive pas à la draguer.
- Ok, je te propose un truc alors, tu m’invites le week-end prochain et je fais le boulot à ta place, t’as vu comme je suis à l’aise avec les nanas ?
- Oui c’est clair !
- Alors tu me laisses faire, et je t’organise le rencard du siècle, et non seulement tu vas sortir avec, mais tu vas même la sauter !
- Pff, n’importe quoi, arrête tes conneries
- Quoi, t’as pas envie de la sauter ?
- Ben ça, si, mais j’suis trop jeune et j’oserai jamais !
- Va vraiment falloir que je m’occupe de toi !
- Ça j’aimerai bien
- Non mais pas comme tu crois !
- Mais non, je sais, je disais pas cela pour ça non plus ! j’aimerai bien que tu t’occupes de moi pour les filles, que tu m’apprennes, que j’ai l’air moins con et coincé avec !
- Ah ok pas de souci. D’après ce que je viens de comprendre, t’as jamais couché avec une nana
- Ben non, et toi ?
- Oui, moi oui, mais c’est pas le problème et je te rappelle que j’ai un an de plus que toi, c’est normal, j’ai pris de l’avance
- Oui on va dire cela
- Bon mais tu es déjà sorti avec des nanas ?
- Oui, avec Sandrine, la sœur de Corinne
- C’est tout ?
- Oui, je t’ai dis je suis trop timide
- Et t’embrasse bien ?
- Quoi ?
- T’as bien entendu, alors ?
- Ben je sais pas moi, on n’en parle pas.
- Ok, t’es à l’aise quand tu embrasses ? ta langue, elle n’est pas trop perdue ? elle sait quoi faire ?
- T’as de ces questions toi ! j’en sais rien moi, non j’suis pas à l’aise, comme dans tout ce que je fais !
- Bon, va falloir que je te donne des cours pour ça aussi alors
- Tu veux faire comment ? m’embrasser ? moi je dis pas non, mais ça m’étonnerait que tu sois d’accord
- Si, moi je veux bien, si tu le dis à personne. Ca me dérange pas te t’embrasser pour t’apprendre, t’es mon pote, et c’est marrant je trouve.
- Euh marrant pour toi, mais moi je ne sais pas si cela va me faire rire
- Comment ils font les acteurs ? et ils sont pas tous pédés !
- Oui c’est sûr mais bon… ça me gêne un peu quand même
- Attend, c’est le monde à l’envers, c’est toi qui est attiré par moi et c’est toi qui est gêné ?
- Oui t’as raison, je suis compliqué. Mais tu veux faire ça quand maintenant ?
- Ben oui, c’est le moment où jamais. Si tu veux on éteint la lumière, tu t’imagines Corinne, moi je sais à qui penser et on teste ok ?
- Oui, je suis d’accord.
- Bon par contre, si ça te dérange pas, tu te rhabilles un peu, parce que sinon, là ça sera vraiment gênant pour moi !
- Oui t’as raison, on se rhabille !
On était chacun de notre côté en train de remettre notre caleçon, et je pensai à la situation irréelle que j’allais vivre dans un instant. J’allais faire ce que je fantasmais depuis des mois, et sans équivoque ! Trop bizarre.
Je vînt m’asseoir à côté de lui sur son lit, il se pencha pour éteindre la lumière et se rapprocha de moi.
« - t’es sûr que tu veux le faire ? » lui dis je étonné de la situation mais je n’eu pas le temps de rajouter quoique ce soit que ces lèvres étaient déjà posées sur les miennes.

06 août 2006

Bonne nuit!

« Je vais chercher le matelas. »
Je sentais bien qu’il était énervé mais je n’avais trouvé aucune réponse à sa question, et j’étais vraiment super emmerdé de la tournure que prenait la soirée. Il alla dans le placard du couloir et récupéra le matelas.
Une fois déplié à coté de son lit, il se mit à quatre pattes et commença à souffler dans la valve.
« -tu n’as pas de gonfleur ? Ça va être chaud !
- Ben non, je l’ai pété la dernière fois, et ma mère n’a pas voulu en acheté un autre, mais à deux, ça devrait pas être long, tu prendras le relais ok ?
- Pas de souci. »
Il soufflait comme un malade et le matelas prenait assez rapidement sa forme. A un peu plus de la moitié de sa taille finale, Richard me fit signe de prendre la relève. Pendant que je soufflais, Richard cherchait dans son armoire un duvet.
« - t’as besoin d’un oreiller ? Un pyjama ?
- Je veux bien l’oreiller oui, le pyjama j’en ai pas besoin, je dors en caleçon.
- T’as raison, moi j’aime pas non plus les pyj, je dors à poil généralement. Au fait tu veux bouffer quoi toi ? Pizza ça te va ?
- Oui cool, ça me va bien.
- Bon alors je vais faire chauffer le four, et après la bouffe, on se regarde un bon vieux film de cul dans ma chambre ok ?
- T ‘en as ?
- Ben ça, bien sûr, je les enregistre sur canal, quand il le rediffuse dans la nuit, comme cela ma mère elle voit rien
- Pas con, t’en as beaucoup ?
- Non, j’ai que deux k7 alors j’enregistre par dessus, sauf que là y en a un que j’aime bien alors, je le garde pour l’instant.
- Ah bon, il a quoi de spécial ?
- En fait, y’a des scènes de partouzes, et ça m’excite vachement, pas toi ?
- Ben je sais pas, en fait, j’ai pas encore vu de film de cul.
- C’est pas vrai ?
- Ben si.
- Cool, je te fais connaître la bière, et le film de cul ce soir, tu vas t’en rappeler de ta soirée chez moi toi !
- Oui c’est clair, je suis pas prêt de l’oublier !
- Bon aller, on va bouffer, tu finis ta bière ? .
- Ok, c’est parti.
Je me sentais vraiment bien, je crois que la bière commençait à faire son effet. Le repas fût assez rapide car on avait tous les deux envie de mater le film. Richard me dît qu’il aimait bien le regarder cool dans son lit, alors si ça ne me dérangeait pas, on se couchait de suite. Moi, j’étais plus que d’accord puisqu’au moment où il me disait cela, je me rappelais d’un coup la phrase dans laquelle il me disait qu’il aimait se coucher à poil. Je me refusais de croire que j’attendais avec impatience de le voir se déshabiller, mais il fallait bien se rendre à l’évidence, j’en mourrai d’envie.
Je le vis partir dans la salle de bain pour se laver les dents et revenir 10 minutes plus tard en caleçon. Il était trop beau, j’avais l’impression de le voir pour la première fois torse nu alors que j’avais l’habitude de le voir dans les vestiaires. J’essayai de ne pas trop le montrer, mais je n’arrivai pas à m’arrêter de le regarder, son torse était dessiné, ses épaules carrées, ses pectoraux gonflés, il était vraiment craquant… pour un garçon.
J’allai à mon tour dans la salle de bain, pour me laver les dents, mais arriver sur place, je me rendis compte que j’avais oublié ma brosse à dent dans mon sac. De retour dans la chambre, je pris ma trousse de toilette dans mon sac, non sans le mettre sans dessus dessous, ne la trouvant pas de suite.
Je me brossais les dents en pensant à la soirée que j’allais passer, couché à côté de mon pote à regarder mon premier film de cul. J’étais impatient.
En retournant dans sa chambre, je le vis allonger sur son lit, le dos tourné à la porte, il semblait lire un truc. Mais là, j’étais vraiment mal à l’aise en voyant mon sac complètement ouvert. Je commençais à comprendre ce qu’il lisait mais n’osais pas le croire. Je m’approchai de lui et me penchai au dessus de son épaule. Il lisait l’article.
Je crois qu’à ce moment là, si je n’étais pas en caleçon dans sa chambre, je serai parti en courant, je ne savais plus où me mettre, cela faisait deux fois dans la même soirée qu’il me collait avec le sujet que je voulais à tout prix aborder…
« - Pourquoi as tu découpé cet article ? et surtout pourquoi tu l’as amené ? »
je ne répondais rien.
« - Tu espères quoi ce soir ? »
Rien, je n’espérai plus rien, juste partir, me faire tout petit, ne plus exister, m’enfuir, me désintégrer…juste ça !
« - Bon, tu causes plus ? je vais pas te bouffer, quoi que cela ne te déplairait pas à ce que je crois comprendre.
- pourquoi tu dis ça
- je sais pas l’article…
- ben quoi l’article, tu crois quoi, que je veux te violer ?
- soit pas agressif comme ça mon vieux, j’t’ai rien fait moi
- si, tu as fouillé dans mon sac !
- ah non, rectification, le papier sortait de ton sac, j’ai été curieux de le prendre, c’est clair, mais j’ai pas fouillé.
- Ouaih, ok excuses moi, j’ai les boules que tu es vu cela comme ça, c’est tout. Je veux pas que tu te fasses des idées sur moi, c’est tout.
- Mais arrête de te faire un film, je ne te juge pas, chacun son truc !
- Mais non, j suis pas pédé, arrête !
- Ok,ok, ça n’a pas l’air d’être un bon sujet pour détendre l’atmosphère ça…je te propose de mater le film ok ?
- Ok t’as raison.
- Mais je te préviens, y a plus de nanas que de mecs la dedans !
- Putain arrête tu fais chier !
- Mais je te chambre, pars pas au quart de tour mon gars !
- Ouaih ben t’es pas drôle alors.
- Ok, allez c’est parti pour le film. »
Il se leva et mit la k7 dans le magnétoscope. Je n’étais plus tellement sûr de vouloir le regarder, mais quand il se recoucha il me tendit la main pour que je tape dedans, ce que je fis immédiatement, il cligna de l’œil pour me faire comprendre que tout était cool et se coucha sous ses draps.
On regardait le film, tranquille, chacun de son côté, et il avait raison, il y avait des scènes vraiment excitantes, j’en pouvais plus, et lui non plus d’ailleurs car je voyais sa main bouger doucement sous le drap, j’imaginais qu’il se caressait et cela m’excitait encore plus. Il se sentit observé à un moment et tourna la tête vers moi. Il me sourit et me dit :
« - on se branle ? chacun de son côté bien sûr ! rajouta-t-il avec un clin d’œil
- ben ça me gêne un peu moi
- soit cool mec, on est fait pareil et on a la même trique en ce moment, alors faut se soulager on va pas dormir comme ça quand même »
Au moment où il disait cela, il souleva le drap et je vis son caleçon complètement déformé.
« t’as raison, faut que tu fasses quelque chose, lui dis-je en éclatant de rire
- Oui c’est clair, montre moi toi ?
- arrête, déconne pas
- mais non fait voir que je rigole moi aussi !
- ben c’est clair que je suis dans le même état que toi
- alors fait comme moi »
A peine avait il finit sa phrase qu’il glissa sa main dans son caleçon et commença le va et vient habituel. Je n’arrivai pas à enlever mon regard de sa main, il me regardait et rigolait. Puis il tourna la tête pour continuer à regarder le film, et faire comme si je ne le regardais pas, comme s’il ne voulait pas me gêner… Je ne pu m’empêcher plus longtemps de me branler moi aussi.
On était là, côte à côte, lui en train de regarder le film et de se branler, moi en train de le regarder et faire comme lui. Je n’avais pas imaginé que cela se passerait comme cela, je ne l’espérai même pas. Tout à coup, je l’entendis gémir et le vis se retourner du côté du mûr, je compris de suite ce qu’il se passait et sentis moi aussi venir la jouissance qui fût encore plus intense que d’habitude… J’en avais oublié mon bout de tissus, cette branlette était bien meilleure que les autres !
« - c’était cool pour moi, me fit il, je vais me laver, tu y vas après ?
- ok, j’attends.
- Non, c’est con, vient, y’a deux lavabos de toute façon
- Oui mais…
- Arrête, je l’ai vu là, non ? alors t’as quoi à cacher maintenant ?
- Non rien. »
On se dirigea vers la salle de bain, il était devant moi, je regardais ses fesses, il avait un beau cul bien cambré, bien féminin. Il sentait que je le regardais :
« - il est beau hein ? les filles l’adorent, elle me dise que j’ai un cul de nana
- je me disais pareil..
- Oui c’est ce que je pensais. »
On était maintenant dans la salle de bain, chacun à coté de l’autre, en train de se laver le sexe.. Irréelle comme situation… Il me regardait dans la glace, moi je n’osais pas, cela le faisait sourire, je le sentais.
On retournait dans sa chambre, cette fois j’étais devant, j’imaginais qu’il me regardait, cela me plaisait bien, je voulais en avoir le cœur net et je me retournai :
« - mais oui t’as un beau cul toi aussi, mais je ne suis pas intéressé, désolé
- arrête, je t’ai rien dit
- si ! tes yeux ont parlé
- mais non tu dis des conneries
- ouiaih, c’est ça allez viens on va discuter tranquille dans notre pieu
On s’était recouché, chacun dans son lit, nu, et j’étais à nouveau très excité de cette situation. Mais je me dégouttais. J’étais pédé, c’était sûr maintenant, et lui il le savait, et il ne l’était pas. Le seul mec de la terre qui m’attirait n’était pas homo, et je devais faire avec.
« - A quoi tu penses ?
Je répondis sans réfléchir
- A toi
- Et ben, te voilà plus téméraire on dirait
- Non excuse, je pensais juste que tu devais être super déçu
- Déçu ? de quoi ?
- Ben de moi
- Pourquoi ? on passe une bonne soirée non ?
- Euh oui
- Bon alors, je ne suis pas déçu, t’es mon pote, et je t’aime comme tu es
- Ben je crois que c’est ça le problème justement
- Quoi ?
- Ben moi aussi je t’aime
- Ah, ok, mais je crois pas que ce soit de la même manière alors
- Ben je sais pas Richard, y a que toi qui me fait ça, je regarde pas les mecs d’habitude, je te jure
- T emballe pas je te crois, et je vais pas être jaloux de toute façon
- Arrete, t’es pas drôle
- Je sais, ça ne doit pas être drôle pour toi, c’est sûr
- C’est clair, je suis complètement paumé
- Mais quand tu dis que tu m’aimes, c’est sérieux ? t’as euh.. envie de moi ?
- Tu me gêne là
- Attends on peut se parler non ? on est pote merde
- Oui, alors oui, c’est sérieux je crois, et oui de te savoir à poil à côté de moi je suis comme un fou, voilà t’es content ?
- Ben pas vraiment, parce que je te fais du mal sans le vouloir
- Non, tu n’y es pour rien, c’est moi qui suis dérangé
- Arrête de dire des conneries, t’es pas dérangé, l’amour tu peux pas lutter, c’est comme ça
- Oui ça je te confirme, j’en suis le premier étonné
- Ben je veux juste que tu saches que cela ne me dérange pas, c’est juste que tu peux pas compter sur moi pour ça, enfin je crois pas
- Oui t inquiète, je te remercie d’être aussi cool. Pourquoi tu dis je crois pas ?
- Parce que…je sais pas, je crois pas c ‘est tout. »
Ces paroles furent les dernières pendant un long moment. On regardait tous les deux le plafond. J’étais bien, je pense que j’allais passer une bonne nuit.
-



05 août 2006

Que faire?

Je ne savais pas comment faire pour être le plus calme possible pour l'accueillir. Je ne voulais pas qu'il sente ni ma peur, ni ma joie d'être là, je voulais juste qu'il me trouve comme d'habitude. Il entra dans sa chambre et fût étonné de me voir. Il était avec un copain à lui, que je ne connaissais pas.
- Tu as pu venir alors? Cool comment tu vas?
« - ça va, oui mes parents ont été cool pour une fois ? Je te dérange ?
- Déconne pas, j’suis content de te voir, je te présente Samir, c’est un pote du quartier, Samir, c’est Yahn, mon super pote du Bahut.
- Salut Samir »

J’étais un peu gêné d’être là car on aurait dit qu’il ne m’attendait pas vraiment, comme s’il avait prévu tout sauf de me trouver ici. Mais avec le temps, l’atmosphère était de plus en plus cool et je trouvais Samir finalement super sympa. On déconnait pas mal, on parlait de fille, ce qu’on aimait faire, moi c’était plus du domaine du fantasme mais j’allais pas leur dire, eux cela avait l’air vraiment vécu, et je me sentais à des années lumières de leurs expériences.
Samir avait 16 ans, d’origine algérienne, mais je pense métissé, il avait une belle gueule et semblait vraiment baraqué. Je sentais qu’avec Richard, ils étaient très proche, et j’en étais limite jaloux car cela me montrait que j’avais encore du chemin à faire avant d’être à la même hauteur que lui dans son cœur.
D’après ce que je compris, Richard était sorti avec sa sœur et la première fois qu’ils se sont vus, Samir venait casser la gueule à Richard car il venait de larguer sa sœur. A priori, richard avait su se défendre et convaincre Samir que la sœur en question, n’était pas non plus pour rien dans la séparation. La conversation devint vraiment chaude dans tous les sens du terme quand Samir demanda à Richard jusqu’ou il était allé avec sa sœur. Ce con, au lieu d’édulcorer un peu leur relation, il l’a fit limite passer pour une salope, et Samir n’était vraiment pas prêt à entendre cela. Il le regarda droit dans les yeux et lui dit
« - Richard, si t’étais pas mon pote et si je ne te connaissais pas comme je te connais, je te défoncerai la gueule, mais là j suis dégoutté, je rentre
- déconne pas, Samir, c’est toi qui m’a demandé, laisse tomber on change de sujet ?
- Non, je me casse, en plus ça à l’air de plutôt plaire à ton pote ton récit et moi ça me chauffe sérieux »
En même temps qu’il dit cela, il montra mon jeans et la déformation provoquée par la conversation, et je me tapa la honte grave. Richard me regarda et eu un large sourire, puis se tourna vers Samir et essaya de le rattraper, sans y arriver. Samir claqua la porte.
« T’es con toi aussi de bander comme ça !
ben tu m’excuseras mais c’est pas des choses qu’on contrôle comme ça !
C’est clair » fit Richard mort de rire.
On continua a déconné pendant un moment sur le sujet et richard s’amusa en me regardant et me fit remarquer que les filles ne devaient pas s’ennuyer avec moi, vu la bosse que j’avais. J’étais super gêné.
Petit à petit, je compris qu’on allait être seul pour la soirée, et même pour manger, et j’étais super content. Il me dit que c’était souvent comme cela car sa mère travaillait le soir.
« Bon, on se fait un apéro ? tu veux une bière ?
- euh, tu sais, je bois pas d’habitude, ça va me déchirer ?
- t’as jamais goutté ?
- non
- T’inquiète tu risques pas d’être péter avec une bière et puis c’est cool si c’est moi qui t’offre ta première, alors ?
- ben oui je peux pas refuser ! »
Il alla la chercher dans le frigo pendant que je me levais de son lit. A peine arrivé dans la chambre les deux bières à la main, il vit mon sac.
« - c’est vrai, il faut qu’on t’installe pour ce soir !
- ah oui, je dors où ?
- dans mon lit »
en voyant ma tête face à sa réponse, il éclata de rire et rajouta
« - mais non t’inquiète je déconne, je vais pas te violer, t’es pas mon genre ! pas assez femme pour moi, t’es con, j’suis pas pédé quand même ! non je te disais justement qu’il fallait qu’on t’installe, il faut qu’on gonfle le matelas. »
Il m’avait un peu énervé avec sa réflexion « t’es pas mon genre » il croyait quoi ? que je venais pour me faire sauter ? Et puis le simple fait de penser cela me fit sourire car je ne savais même pas moi même ce que je voulais.
« - Pourquoi tu souris ? tu penses à quoi ?
- non rien, il est où ton matelas ?
- Non dis moi d’abord, c’est quoi qui te fait rire ?
- Mais rien je te dis t’inquiète ?
- Tu me croyais pédé ?
- Mais non pourquoi tu dis cela ?
- Je sais pas, y a des fois quand tu me regardes j’ai des doutes.
- Des doutes ? mais des doutes sur quoi ?
- Non je sais pas, j’ai vraiment l’impression de lire des trucs dans tes yeux des fois qui me font peur.
Là, c’était vraiment pas comme je l’avais prévu. On ne devait pas arriver à cette conversation comme cela. Pas si tôt, et pas venant de lui. Non, c’était nul, il fallait que je m’en sorte. Mais sans me griller et surtout en pouvant revenir sur le sujet plus tard. Mais il fallait que je dise quelque chose, et vite car le regard de richard changeait et je me voyais bien en train de chercher un bus dans 5 minutes pour rentrer chez moi.
Mais que faire ? que dire ?
J’étais bloqué.

04 août 2006

Route sans issue

Comme de juste, je n’avais rien dormi de la nuit, vous savez cette impression que l’on a le matin quand on se lève et que vous vous rappelez exactement ce à quoi vous pensiez au moment de vous endormir, comme s’il y avait 2 minutes… et bien là, c’était carrément cela. J’avais mis tellement longtemps à m’endormir que la nuit était déjà bouffée de moitié, ensuite, j’ai du regarder le réveil toutes les heures, en ayant l’impression de venir juste de fermer les yeux.
Autant vous dire que le matin, je n’étais vraiment pas frais. Ma mère comme de juste me tapa un scandale en me disant qu’elle était à deux doigts d’appeler les parents de mon copain pour repousser l’invitation d’un week-end de peur que je ne dorme pas à nouveau la nuit prochaine, mais je lui fis remarquer, non sans énervement, que je n’étais plus le petit garçon qu’il fallait border tous les soirs.
La matinée fut interminable, le repas de midi déplorable, les nerfs planant au dessus de la table comme un vautour au dessus d’une carcasse… Et l’heure de son arrivée avançait tout doucement.
Coup de fil, ma mère m’appelle : « c’est pour toi ! »
-« Allo, oui, richard ? Oui ça va et toi ?
- Ecoute, j’suis désolé Yahn, mais je vais pas pouvoir venir chez toi ce soir, si tu veux on remet cela à demain, je passe te voir dans la journée ?
- Ben, je voulais que tu viennes dormir, histoire qu’on passe plus de temps ensemble
- Ah ouaih, cool, mais là, il faut que je fasse un truc d’ici ce soir, c’est mort à mon avis, ou alors si tu veux, je reste coucher chez toi demain soir et on part au bahut ensemble lundi ?
- Ben, tu sais mes parents, ce n’est pas la souplesse même, ils voudront jamais la veille du collège que j’invite un pote… fait chier, j’étais super content de te voir en dehors de l’école
- Ben oui, je sais, c’est rare qu’on se voit en dehors, c’est marrant d’ailleurs, je vois tous mes autres potes, mais toi non, alors que t’es le mec sur qui je peux compter, tu es The pote !
- c’est gentil, mais en fait, c’est à cause de mes vieux, ils ne sont pas cool encore sur les sorties… bon on fait comment, on reporte ?
- Non ça me fait chier moi aussi que tu sois déçu, je te propose un truc, tu négocies avec tes parents de venir dormir chez moi, et on fait ce que j’ai à faire ensemble, comme ça même si ça traîne, on se verra, ok ?
-Ben ça tiendrait que de moi, je serai déjà parti, mais là va falloir que je négocie avec mes vieux, je peux te rappeler ?
- Oui, mais tu fais vite, car je vais bientôt me tirer
- Ok, mais au fait, tu dois faire quoi de si urgent ?
- Ben, tu sais je t’ai parlé de la meuf vers chez moi, elle veut à tout prix que je passe, elle me dit qu’elle a un truc à me donner, et qu’elle doit me le donner aujourd’hui, enfin je pense que c’est un vieux prétexte relou pour que je vienne, mais j’ai pas envie de la décevoir, j’ai trop envie de me la faire !
- Oui, mais si je viens, je vais faire quoi moi ?
- t’inquiète, je vais pas te demander de tenir la chandelle, remarque je pourrais te faire participer si tu veux ? je déconne, non mais c’est juste pour voir ce qu’elle veut, après on sera cool chez moi, et je suis sûr vu ce que tu me dis sur tes vieux, qu’on sera plus tranquilles pour veiller non ?
- Oui, c’est clair, mais bon, va falloir que je négocie cela… je te rappelle. »
Moi, cela ne m’aurait pas dérangé de participer, rien que l’idée m’excitait déjà, me retrouver avec une nana et richard, c’était plutôt cool comme idée. Mais bon, j’avais autre chose à faire avant de penser à cela, et je savais la négociation difficile.
Ca n’avait pas loupé, grosse engueulade avec ma mère, négociation avec mon père, et pour finir, un Ok mais tu ne reviens pas trop tard dimanche matin. Alors ça, je m’en foutais royal car une fois là bas, je pouvais toujours les appeler pour rentrer plus tard, la soirée s’annonçait bien.
Je rappelai donc Richard, mais eu une voix féminine, je pense sa mère qui me dit qu’il venait de partir. Au moment où j’allais raccrocher elle me dit :
« - Mais tu es Yahn ?
- oui ?
- il m’a chargé de te dire de venir, qu’il avait réfléchi et que tu avais raison, c’était mieux qu’il y aille seul, mais que si tu avais l’autorisation, tu pouvais venir l’attendre.
- Et vous cela ne vous dérange pas ?
- Mais non mon petit, ne t’inquiète pas tu sais moi, dans une heure je parts travailler, mais si tu veux l’attendre ici, il va falloir te dépêcher avant que je ne parte !
- Bien madame, je prends mes affaires et fais au plus vite. »

Je pris deux trois affaires dans mon sac, il fallait que je fasse vite, Richard habitant vers le collège, je devais prendre le bus. Ma mère venait toutes les cinq minutes pour voir ce que j’emmenais et me rappela de ne pas oublier mon pyjama.
« - Maman, quand réagiras tu et ouvriras tu les yeux ? Je ne suis plus un gamin, je n’ai pas à prendre un pyjama pour aller chez un pote, et tu n’as pas à vérifier si j’ai pris une paire de chaussette de rechange ? Si tu as encore besoin de materner, tu peux me faire un petit frère ou une petite sœur non ? »
La phrase fit mouche comme je l’espérai et après un « certainement pas » ma mère me laissa tranquille jusqu’à mon départ. Je glissai dans mon sac l’article découpé, en prenant soin de le planquer tout au fond des habits au cas où.
Dans le bus, je n’arrêtai pas de penser à notre conversation téléphonique et sa proposition de me joindre à eux au cas où il se passerait quelque chose. Au vue de la réaction presque instantanée que j’avais au niveau de l’entre jambe, je me dis à nouveau que je devais quand même bien être bi pour être autant attiré par lui, même si ce n’était que par lui. Franchement, cela m’emmerdait plus qu’autre chose, parce que je n’avais pas envie de compliquer tout, je voulais être son ami, mais le véritable ami, et non pas une source de problème. Imaginons que je lui avoue mon attirance, qu’il se vexe ou pète un plomb… je ne voulais pas le perdre, mais si je ne lui disais rien, je suis sûr que plus tard, j’allais me retrouver comme ce type, en train de pleurer mes regrets sur le courrier des lecteurs d’un journal gay… Super comme avenir !
J’avais de toute façon jusqu’à ce soir pour me décider, mais j’avais vraiment l’impression d’avoir pris un cul de sac, d’être allé sur une route sans issue, j’étais perdu.
Sa mère me fit entrer, m’offrit à boire, et m’installa dans la chambre de Richard, en me disant que je pouvais lire ou regarder la télé, Richard m’avait laissé carte blanche.
Je ne savais pas où donner de la tête, je regardai dans tous les sens, je ne voulais rien louper, je voulais tout voir, je voulais tout connaître de lui à travers ses affaires. Mon regard fût vite attiré par le dessin accroché sur la porte de son armoire, c’était des « smurfers » comme on les appelait à l’époque, des jeunes qui dansaient le break dans les rues, et si j’avais vite remarqué ce dessin, c’est parce que c’est moi qui lui avait fait, un mois plutôt, sachant qu’il adorait cette musique et ce style. J’avais mis du temps à recopier une image que j’avais trouvé dans une revue, et quand je lui avais montré, il l’avait trouvé trop classe, je ne pouvais que lui donner. Et de le voir accroché là me fit énormément plaisir car cela prouvait que ce n’était pas juste pour me faire plaisir qu’il avait dit cela, mais qu’il lui avait vraiment plu.
J’étais maintenant allongé sur son lit, la tête perdue dans mes pensées, à l’attendre patiemment.
J’entendis le bruit d’une clef dans la serrure de l’appartement.

03 août 2006

14 ans, coeur vaillant?

Cette petite pratique dura aussi longtemps que la longueur du tissu dans la boîte à couture me le permit, c'est-à-dire plusieurs mois. Je prenais soin bien sûr d’économiser et de laver soigneusement le morceau d’étoffe pour qu’il reste toujours aussi doux et agréable au toucher. En ce qui concerne la relation avec Corinne, bien que relation soit un bien grand mot, j’essayais toujours de me rapprocher d’elle dans tous les sens du terme, mais c’était sans compter sur sa petite sœur qui elle, n’aspirait qu’à se rapprocher de moi.

Le comble fut le jour où Corinne vînt me parler de sa sœur, et me demander si je ne serai pas intéressé par « sortir avec elle ». Moi super timide, et complètement obnubilé par l’envie de lui faire plaisir, je ne trouva pas les bons mots pour faire comprendre à Corinne que sa sœur m’intéressait absolument pas alors qu’elle en revanche… c’était quand elle voulait.

Bref, je me retrouvais être le petit copain de la sœur de la fille qui me faisait rêver, et le meilleur pote du mec qui me faisait fantasmer ! C’était quand même beaucoup pour un gamin de 14 ans.

J’étais plutôt bon élève depuis toujours à l’école, mais dorénavant, j’allais à l’école pour deux raisons, la première pour éviter d’avoir à me cacher pour ne pas tomber sur Sandrine et être obligé de « jouer » les amoureux, et la deuxième pour passer un maximum de temps avec Richard.

Je me rappelle avoir essayé X fois d’inviter Richard chez moi à passer un week-end, non pas que j’avais des idées cachées là-dessous, mais toujours dans mon souci d’être le plus avec lui. Car il était de plus en plus clair dans ma tête, au fur et à mesure que les mois passaient et au vue de mon engouement pour ma voisine, que ma relation avec mon pote était tout à fait normal, j’avais même entendu à la télévision des adultes dire que certaines relations entre amis pouvaient être fusionnelles, limite ami/amant, sans qu’il n’y ait aucun sous entendu sur l’identité sexuelle des amis. Moi sur le moment, j’étais super content d’être tombé par hasard sur cet émission, parce qu’en l’espace de quelques minutes, j’avais trouvé la réponse à la plus grande des questions que je m’étais jamais posée.

N’empêche que mon polochon se transformait assez souvent, lors de mes ébats avec mon imaginaire Corinne, en Richard, et j’avoue que le plaisir n’était pas moindre, voir même il était grandi.

Je voulais en avoir le cœur net avant de faire venir Richard chez moi, non pas que je voulais lui sauter dessus, mais je voulais juste savoir si je pouvais aborder le sujet avec lui. Il fallait, à mon avis et après plusieurs soirées de réflexion, que je trouve des photos de mecs à poil pour voir si cela me faisait quelque chose. Je savais déjà que je ne me retournais que très rarement sur un garçon, et qu’en général, c’était dans le cas où j’avais des doutes sur son sexe. Pour moi, cela confirmait que mon attirance pour les garçons ne se résumait en fait qu’à une seule chose, l’amour que j’avais pour mon meilleur copain.

Dans les années 80, en l’occurrence en 85 l’année de mes 14 ans, on parlait de plus en plus de l’homosexualité mais il m’était très difficile de trouver des photos ou des revus sur cela. Quand, je pense à maintenant où il faut faire attention de ne pas mettre un mot trop équivoque dans un moteur de recherche, faute de quoi on a tout un tas de nanas ou mecs à poil qui arrivent à l’écran dans toutes les positions, bite à la main…

J’avais entendu parlé de la revue Gay pied mais je me voyais mal aller dans un bureau de tabac pour l’acheter. Je savais que dans certaine surface, on commençait à en trouver dans un rayon bien caché en bas de l’étalage, il me suffirait d’être discret pour le feuilleter.

Le samedi après midi, ma mère allait faire le sacro saint rituelle des courses à Mammouth, grande surface de l’époque. Elle nous posait souvent la question, à moi et mon frère, pour savoir lequel de nous deux voulait bien se dévouer pour venir avec elle et l’aider et c’était toujours le début d’une petite guerre fraternelle afin de savoir qui serait le plus inventif pour trouver une excuse.

Ce samedi, pas besoin d’excuse, le matin même je lui demandai d’aller avec elle, prétextant un nouveau magasine sur la musique qui venait de sortir et qui méritait que je m’y intéresse.

A peine arrivé dans la grande surface, je pris la direction des bouquins, laissant ma mère avec sa liste sans même lui demander dans quel sens elle allait partir.

Fait exprès, il y avait pas mal de monde dans le rayon, je n’avais aucune idée de quelle manière j’allais pouvoir prendre un de ces bouquins et le lire tranquillement.

Je commençais par attraper un Rock and Folk, afin de pouvoir dissimuler l’autre dedans. Puis discrètement, je faisais mine de chercher une revue sans la trouver en me décalant petit à petit vers le Gay pied que j’avais de suite repéré en arrivant. Profitant d’un moment d’inattention du mec juste à coté de moi, je pris le livre et le glissa dans l’autre. Un petit regard à droite à gauche me suffit pour voir que personne ne me regardait.

Je marchais dans le magasin à la recherche d’un coin tranquille pour bouquiner mais compris très vite que ce serait pratiquement impossible. J’avais fait à mon avis le plus dur, il fallait maintenant que je me débrouille pour enfin regarder cette putain de revue.

C’est en passant dans le rayon des pulls que j’eu l’idée de « la cabine d’essayage ». Je pris deux pulls en faisant attention de prendre des trucs pas trop moches au cas où ma mère se pointe et je glissai les revues dedans. Arrivée vers la vendeuse, je lui fis le signe 2 de la main en lui montrant avec l’autre les pulls. Pas de problème, 2 seconde plus tard, j’étais dans la cabine. Je savais que je n’avais pas trop de temps, premièrement parce que ma mère allait bientôt venir me chercher pour que je l’aide et deuxièmement parce qu’une cabine d’essayage, si tu y restes longtemps dedans, c’est louche !

J’étais assis sur le tabouret, jambe croisé et la revue ouverte sur mes genoux, et je commençais à regarder tout ces mecs nus, plutôt bien gauler il est vrai, mais qui ne me faisait ni chaud ni froid. J’étais assez indifférent à ce que je voyais, et passais les pages assez rapidement, jusqu’au courrier des lecteurs. Là, il y avait un article d’un mec qui racontait que lorsqu’il était plus jeune, il était raide dingue de son copain et qu’il n’avait jamais réussi à lui dire, maintenant, ils ne se voyaient plus, lui était marié, et son plus grand regret était de ne pas avoir franchi le cap avec lui car maintenant, les questions étaient toujours là et malgré son mariage, malgré qu’il soit père, il se demandait toujours si l’amour qu’il avait pour son pote aurait pu vivre dans le temps et surtout, il regrettait le fait de ne pas avoir couché avec lui.

J’étais abasourdi par le fait de tomber sur un article qui correspondait complètement à mon cas, et j’en voyais là un signe. Maintenant, je me dis simplement que c’est un article qui touche beaucoup de mecs, et que donc le magasine savait très bien ce qui fait vendre ! Enfin à cette époque, et sous l’effet de la surprise, j’étais obnubilé par l’article et je pris l’initiative de déchirer la page, pour pouvoir la relire plus tard tranquillement.

Quelques minutes plus tard, les pulls et les revues reposés dans leurs rayons respectifs, je rejoignais ma mère qui ne se fit pas attendre pour me reprocher la longueur de mon absence.

La semaine suivante, à force de tourner autour du pot, d’amener le sujet tous les jours, et de faire pleins de sous entendus, richard me dit :

-«  bon écoute, samedi, je devais voir une femme le soir, mais bon elle est pas top, donc j’ai rien d’autre de prévu, ça tient toujours ton invit. pour venir chez toi ? »

Ben ça, heureusement que ça tenait toujours, et mes parents, ils pouvaient bien inventer n’importe quoi pour pas qu’il vienne, je m’en foutais royal, il serait à la maison ce samedi.Je savais maintenant que le Samedi après midi, il allait venir chez moi, qu’on allait bien délirer ensemble et que le soir venu, après le dîner, dans ma chambre, je lui montrerai l’article afin qu’on en discute ensemble, cela devenait vital pour moi de savoir ce qu’il en pensait et de lui dire ce que moi je ressentais. J’étais à la fois terrorisé et heureux de voir venir ce moment.

J’allais tout avouer à mon meilleur copain…

    

 

02 août 2006

Non,

Non,
Décidemment, je ne peux pas commencer l’histoire comme cela. Il faut que je vous explique un peu mieux le contexte.
Je suis né en 1971 ; ne calculez pas, j’ai 35 ans. C’est marrant comme de dire je suis né en 1971, dans ma tête, cela parait jeune et quand j’annonce 35 ans, ben là, çà le fait moins ! Comme disent certaines personnes, surtout celles qui veulent se remonter le moral, on a l’âge que l’on a dans la tête… Pff, tu parles, va dire cela à un mec de 75 piges qui n’arrivent plus à se baisser sans se bloquer ou se faire mal !
Bref, je ne me sens absolument pas vieux, encore heureux, et j’ai même plutôt la forme. Je fais attention à mon apparence, non pas que je sois le petit minet de service qui passe 2 heures chaque matin à se trouver beau devant sa glace, mais j’essaie juste de rester svelte, pour me sentir bien dans mes baskets. Jusqu’à présent, c’est plutôt un succès puisque j’ai su rester mince et plutôt dessiné.
Quand j’étais plus jeune, bien plus jeune, genre 8, 10 ans, il n’était pas rare que l’on me prenne pour une fille tellement j’avais les traits fins. Bon cela ne m’enchantait vraiment pas, mais ma mère me disait qu’il fallait que je le prenne comme un compliment, puisque cela faisait référence à mon visage « d’ange » comme elle aimait le dire.
Sauf que je lorsque vous êtes un garçon, même si vous avez les cheveux longs et surtout si vous avez vers 10 ans, vous n’aimez pas que l’on se trompe en vous regardant. Etant déjà assez timide, il m’était carrément impossible d’aller vers les autres, mon cercle d’ami était donc plutôt restreint.
Plus le temps avançait, plus j’étais raide dingue de la voisine du dessus, Corinne, qui avait 4 ans de plus que moi. C’est sûr qu’à 16 ans, elle ne regardait pas un gamin de 12 ans, mais en revanche sa sœur de mon age, elle, était plutôt pour un rapprochement, disons, plus que amicale. C’est marrant comme avec les mêmes parents, deux sœurs peuvent être totalement différentes, mentalement comme physiquement !
La grande sœur était blonde, mince, les yeux clairs et le sourire radieux, la petite sœur était châtain, pas très mince, mais pas grosse non plus et un visage… quelconque ! La seule raison pour laquelle je me retournais quand je la voyais, c’est pour vérifier si sa sœur n’était pas avec elle.
On habitait donc dans le même immeuble, une tour de 10 étages, moi au troisième, et elles au quatrième. Ces tours construites en 1960 n’étaient pas un modèle d’isolation phonique, ce qui je l’avoue à l’époque m’arrangeait pas mal puisqu’on s’amusait à se parler d’un étage à l’autre ;
Il n’était donc pas rare que j’aille faire un stage au toilette, non pas parce que j’étais pris d’une envie pressante, mais juste parce que j’avais rendez vous avec Corinne.
Pour fixer le rendez vous, j’avais trouvé un stratagème plutôt simple, accrocher un morceau de Lego au bout d’une ficelle pour le faire balancer par la fenêtre jusqu’à ce qu’il aille frapper la fenêtre du dessus, chambre de Corinne.
Il n’était d’ailleurs pas rare que je m’endorme le soir en imaginant que le plafond devenait transparent et que je voyais déambuler Corinne dans sa chambre en chemise de nuit. Bien sûr, étant un garçon, j’étais plein d’imagination sur le sujet et me persuadais qu’elle n’avait rien sous sa chemise et moi étant juste couché en dessous, le spectacle en devenait… incroyable pour mon age.
C’était donc un rituel un peu gênant à raconter pour moi qui commençait comme à l’accoutumer, chaque fois que le plafond de ma chambre se dérobait, ma main droite plongeait directement dans mon bas de pyjama, trouvant bien évidemment mon sexe en très grande forme !
Ce n’est pas que j’étais un adepte de la « branlette » mais comme tous gamins de cet age là, le soir était souvent propice à ses caresses, et généralement, je me trouvais toujours avec la même fille, corinne.
Le problème quand tu as une maman à cheval sur les principes mais aussi sur la propreté et le rangement de ta chambre, c’est qu’il faut trouver le moyen de ne pas attirer son attention avec une vieille carte de France sur le drap de dessous. J’avais bien sûr la solution mouchoir, mais à l’époque, ils n’étaient pas en papier, et les mettre au sale dans l’état où je les laissais me gênait quand même pas mal. Alors je cachais le mouchoir dans ma poche de pantalon, avant de le mettre au sale, jusqu’à ce que ma mère me dise de vider mes poches car elle en avait marre de trouver des mouchoirs immondes à l’intérieur !
Puis un jour, tout seul à la maison, je pris l’idée de jouer à l’agent secret, fouillant l’appartement d’un dangereux terroriste. Il fut évident pour moi que je n’avais pas le droit d’entrer, même 2 sec. dans la chambre de mon grand frère quand il n’était pas là, simplement parce que, je ne sais comment, il le saurait de suite. Mon air de jeu se résumait donc à la chambre de mes parents, le couloir et ses placards, le salon.
Je commençais une fouille minutieuse de l’ensemble des tiroirs de la commode de mes parents, faisant bien attention de remettre tout exactement tel que je l’avais trouvé, premièrement parce qu’un agent secret sait ne pas se faire repérer, et deuxièmement parce que j’avais la trouille bleue de me faire tuer par ma mère si elle s’en apercevait. J’avoue avoir passé beaucoup de temps dans le rayon culottes et soutiens gorges de ma mère, l’ayant très rarement vu dedans, c’était des sensations plutôt sympathiques lors du toucher.
Une fois la pièce fouillée de fond en comble, je passais dans le couloir, où je savais que je trouverai mon bonheur d’agent secret dans les placards.
Il y avait de tout dans ce placard, ma mère l’appelait d’ailleurs « Tchernobyl ». En gros, quand mes parents ne savaient pas quoi faire d’un truc, hop, il le rangeait dedans. Je trouvais dans les outils de mon père, une vieille machine à calculer toute démontée, qui se transforma illico en un clavier pour déclencher une bombe atomique. Les fils électriques rouges bleus bien enroulés dans une boîte me servirait plus tard à déconnecter la fameuse bombe.
Sortant la boîte à couture de ma mère, j’hésitai longtemps avant de l’ouvrir ne pensant pas trouver grand-chose d’intéressant à l’intérieur. J’avais tort.
Ma mère n’était pas une pro de la couture, mais il n’était pas rare qu’elle garde de vieux habits, de vieux morceaux de tissus, pour rapiécer les nôtres.
Dans un sac en plastique, glissé au fond de la boîte, je tombai sur une grande bande de fourrure douce et de couleur clair. Je me demandai ce que c’était jusqu’à ce que le souvenir d’un vieux manteau appartenant à ma mère refasse surface dans ma tête. C’était le col en imitation fourrure synthétique de ce vieux manteau que ma mère avait du garder en souvenir.
Je le caressai délicatement, le passait sur mon visage et cette sensation de douceur me plaisait énormément. Puis l’idée m’apparu, comme une évidence, comme si c’était ce que je cherchais inconsciemment.
Je pris un morceau de cette fourrure, environ 10 cm et la cachai dans ma chambre. Le soir venu, mon plaisir plus qu’intense vînt souiller ce petit morceau de fourrure que j’avais promené délicatement puis énergiquement sur mon sexe. Je me mis dans la tête que cela devait ressembler à cela, faire l’amour, ne sachant pas encore à cette époque, qu’il n’y avait pas qu’un simple frottement sur la toison de sa partenaire.
Je pris bien soin de le cacher dans ma chambre, en le lavant après chaque usage pour qu’il garde sa douceur. J’avais égayé mes jeux solitaires en piquant une culotte à ma mère, que j’enfilai sur mon polochon, en glissant ma douce fourrure dessous. Puis, l’imagination aidant, je faisais l’amour à Corinne, en me frottant sur ce bout de tissu que je laissai dépasser de sa culotte… Pour moi, à l’époque, j’étais fier de n’être plus puceau.

01 août 2006

Chapitre I - Le coeur gros comme ça...

Je ne sais pas si c’est péjoratif, si c’est une critique, un compliment, mais on a toujours dit de moi que j’avais un cœur gros comme ça. Vous savez vous ce que cela veut dire exactement ? Moi j’hésite encore un peu entre, « il est vraiment gentil ! » et « trop bon, trop con ! ». La première à m’avoir fait cette remarque, c’était ma mère. Donc là, j’ose espérer que c’était une gentillesse, une parole admirative d’une mère pour son fils, mais replacée dans le contexte, et bien cela pouvait vouloir dire autre chose ;

J’avais 13 ans, l’âge où tout commence par te gonfler le matin en te levant. L’âge où tu te dis que cette chambre que tu aimais tant, cette famille où tu te sentais bien, et même cette école où tu avais envie d’aller pour retrouver les copains, et bien l’âge où tout cela est changé par on ne sait quel coup de baguette pas si magique que cela en fait, pour devenir un tas de merde sans nom qui n’est là que pour te faire chier. 

Ma chambre était devenue une prison où mes parents se faisaient une joie de m’envoyer dès que j’essayai de leur expliquer pourquoi ils avaient tort sur tout ! C’était la seule prison de France où tu pouvais te retrouver enfermé dans la minute qui suit une discussion, sans même avoir été jugé ! Bref, 13 ans, non pas l’âge de raison, mais l’âge où l’on a Toujours raison.

C’est aussi, quand même, la période où l’on se pose beaucoup de questions, un peu sur tout, mais beaucoup sur le sexe. Moi, j’avais bien compris mon problème, la timidité. Incapable de dire quoi que ce soit à la fille qui me plaisait, je me voyais finir mes jours seul, dans une maison pourrie et sombre, avec un avant bras droit à la Popeye, développé uniquement par les plaisirs solitaires qui me prenaient tout mon temps libre. Le pire, c’est que j’avais mon meilleur copain, The pote, qui lui était si sûr de lui, et tellement mignon aussi le salaud, qu’il emballait une fille par jour, affichant un sourire radieux à chaque fois qu’il m’en parlait.

Je n’étais pas non plus très au courant des pratiques avec les filles, et lorsque mon pote me disait qu’il y avait en bas de chez lui « deux femmes qui voulaient sortir avec lui » je me demandais ce que des nanas d’un certain age pouvait bien vouloir faire avec lui, gamin de 14 ans, lorsqu’elles arriveraient enfin à aller se promener dans le centre avec lui. Ben oui, pour moi sortir, je ne voyais pas ce que cela pouvait être d’autre et des femmes, j’étais loin de m’imaginer que pour mon pote, qu’elles aient 12 ou 25 ans, les filles pour lui, c’étaient des femmes.

Alors, à cette époque, le cœur gros comme cela, c’était parce que ma mère me trouvait cœur d’artichaut, amoureux toutes les 5 secondes, et prêt à faire n’importe quoi pour plaire et être accepté.

-« Le cœur gros comme cela, mon fils, je vous jure, il est adorable, serviable, il ne ferait pas de mal à une mouche, les filles l’adorent ! »

Tu parles, les filles m’adorent, oui, c’est clair, mais pas comme je le voudrai, je suis leur copain, mais pas leur petit copain. Alors, je me suis dit, il y a un truc, c’est vrai que je suis timide, et que je suis souvent paralysé par la simple idée d’aller voir une fille qui me plait, mais pourquoi elles, elles ne viennent pas ! Je ne suis pas moche, d’ailleurs, c’est les premières à le dire, je suis plutôt sympa, serviable, timide ok mais pas non plus autiste, bref pourquoi ? Je tournais toujours cette question dans tous les sens, dès que j’avais un moment de blues, c’est vous dire si, étant ado à l’époque, c’était pratiquement tout le temps. Jusqu’au jour où j’ai eu une révélation qui m’a mis une claque dans la gueule comme jamais personne ne l’avait fait, même pas mes parents, et pourtant, j’en avais pris deux ou trois de belles de leur part !

C’était un mercredi matin, on était au collège, j’avais Gym. C’était aussi un grand moment de solitude la gym, car je n’aimais absolument pas le sport, et me retrouver à faire le con sur un stade, ou à courir pendant des heures sans vraiment de but précis, me prenait la tête royalement. Les garçons de la classe devaient faire athlétisme, pendant que les filles allaient faire de la gym au sol. Manque de pot ce jour là, le stade à coté du collège était occupé par une autre classe. J’étais plutôt super content, voyant déjà le moment où notre prof capitulait et nous annonçait que finalement aujourd’hui, nous n’aurions pas gym. Penses tu, cet imbécile ne trouva rien de mieux que de lancer un joyeux :

-« C’n’est pas un problème, on va faire cross à l’école, vous allez courir tout autour des bâtiments et de la cour, pendant une demie heure »

Oh le con, y’avait rien de mieux pour me foutre de bonne humeur, je commençais à vouloir discrètement planquer mon sac de sport pour faire celui qui ne pouvait pas courir mais richard, mon pote me dit tranquillement :

-«  bon, ben je le vois gros comme une maison qu’il va falloir encore se changer dans les chiottes, tu viens, on y va avant qu’il n’y ait plus de place et que l’on soit 12 dans 3 m² ? »

Bref, plus d’échappatoire, si même le pote s’y met, on va devoir courir. On se retrouve donc dans les WC des mecs, au rez de chaussée de l’immeuble où se trouvait la bibliothèque du collège, avec nos sacs de gym et tout les mecs qui entrent petit à petit dans le local où se trouvent les lavabos. Richard me fait signe de rentrer avec lui et Christian, son autre pote, dans le premier des chiottes libres en face de nous. Ce n’était pas le palace pour se changer et on était plutôt serré, et comme j’étais entré le premier, je ne pouvais même pas bouger.

Christian avait juste un short à enfiler, en même pas 2 minutes c’était fait, il nous fit signe de la main pour nous dire de nous dépêcher et ne resta pas plus longtemps dans notre 100 M² habitable. Richard se décala vers la porte et commença à enlever son pull et son t’shirt. Je restai dans mon coin sans bouger, la tête ailleurs. Quand il était en caleçon, à côté du moi, il se tourna et me dit :

-« ben, qu’est ce tu fous ? »

Au moment où cette phrase percuta mon cerveau pour me sortir de mes pensées, mon regard se posa sur lui et plus particulièrement sur son caleçon, n’ayant même pas fait attention qu’il s’était déshabillé pendant mon état semi comateux.

-«  et oh, tu atterris mon gars ? Tu penses à quoi là ? Il te plait mon caleçon ? »

Cette phrase me fit rougir, pensant immédiatement à l’interprétation qu’il pouvait faire de mon regard.

-«  Excuses moi, j’étais ailleurs, oui je me grouille, attends »

Il enfila son short, son t’shirt, je continuais à le regarder s’habiller, en me changeant à mon tour, et c’est à ce moment là que je me suis rendu compte que le meilleur pote qui était juste à côté de moi, et qui jusqu’à présent n’était rien d’autre que l’ami de tous les jours, le gars franc et droit, sur qui je pouvais compter, et ce pote désormais, c’était transformé en une nouvelle émotion, un nouvelle sensation, une attirance. Je n’ai jamais couru aussi longtemps que ce jour là, tout simplement parce que je ne me rendais pas compte de ce que je faisais, étant perdu dans mes pensées les plus lointaines.

Je me rappelle ne pas avoir beaucoup dormi les nuits d’après, ne comprenant pas ce qu’il m’arrivait puisqu’il était clair et net jusqu’à cette fameuse minute dans les toilettes du collège, que j’étais attiré par les filles, et uniquement les filles. Ce qui me réconfortait, c’est que je n’avais aucune attirance pour les autres mecs. Rien, pas même un regard, en revanche, de jour en jour, je voyais richard d’un autre œil. Je ne pensais qu’à lui, je voulais n’être qu’avec lui, je devenais jaloux des moments qu’il pouvait passer avec une fille.

Lui n’avait rien changer avec moi, bien au contraire, me racontant dans tous les détails comment il avait emballé « une femme » en bas de chez lui et comment il l’avait peloté de partout quand il l’embrassait. J’étais comme un fou, mais ce qui me dérangeait le plus, c’était que j’étais passé du stade de l’attirance toute simple, aux fantasmes et autres envies, plus que sexuelles, et c’était tellement nouveau pour moi, que j’en étais vraiment gêné. Je n’étais pas homosexuel, je ne me sentais pas bisexuel, et pourtant j’étais attiré par mon meilleur ami. Que faire.