29 août 2006
A trois? Ou pas?
Corinne sentait mon angoisse et était très câline avec moi, ce qui n’était pas pour me déplaire ! Elle me caressait les cheveux comme pour me recoiffer, me posait sa main sur ma joue, me faisait des petits bisous dans le coup en me disant « ne t’inquiète pas », bref faisait en sorte que le temps d’attente ne se transforme pas en moment d’angoisse intense. Cela me posait un problème
« Dis moi Corinne, je peux te poser une question,
- Tu viens de le faire là !
- Non sans rire,
- Mais vas y pose ! tu sais tu peux toujours poser des questions, ce n’est pas pour cela qu’on est obligé d’y répondre
- Oui, c’est clair mais c’est pas le but non plus
Je t’écoute
- J’arrive pas trop à savoir comment tu te places toi
- C'est-à-dire ?
- Ben, je pense que tu as compris que je suis attiré par toi, que tu me plais, qu’il y a un début pour moi avec ce qu’on a fait, mais que je suis vraiment et réellement amoureux de Richard.
- Oui, je l’ai bien vu, et cela me touche votre relation, elle est belle je trouve
- Mais par rapport à toi, cela ne t’embête pas ? es tu amoureuse de l’un de nous ?
- Non, cela ne m’embête pas, quand à ta deuxième question, je ne te répondrai pas
- Ah
- Non pas que je ne veule pas, mais je crois que là, à la minute même, je n’en sais vraiment rien
- Ah bon ?
- Oui, au risque que cela me fasse passer pour une salope parce que je couche avec vous
- Non, ça c’était un deal entre nous, on ne pense pas, ni l’un ni l’autre et je suis sûr que je peux m’avancer pour Richard, on ne pense pas que tu es une salope
- Oui, bon, enfin j’ai couché avec vous parce que vous me plaisiez, tous les deux, parce que tu étais puceau et que cela me plaisait aussi, parce que vous étiez ensemble et que cela m’excitait, mais je ne pense pas que je l’ai fait parce que j’étais amoureuse de vous ;
- Je comprends
- Oui mais là où cela se complique, c’est que maintenant que je l’ai fait, j’ai de l’affection pour vous deux, des sentiments forts je le sens, de l’amour peut-être mais je n’en sais rien, mais surtout, je ne saurai pas choisir, vous êtes à la même place, alors c’est aussi pour cela que cela me fait peur d’appeler cela de l’amour.
- Oui…
- Tu vois, toi tu me dis qu’en fait tu m’aimes, sans me le dire vraiment mais en me le faisant comprendre mais tu me dis aussi que tu aimes « VRAIMENT » Richard, donc tu es capable de faire la différence, si je te disais choisi entre lui et moi, je sais qui tu choisirais, et toi aussi tu le sais
- Oui, c’est vrai, je suis désolé
- Non, ne le sois pas, le choix est logique et surtout normal, moi je ne saurais pas le faire, c’est moi qui devrait être désolée, c’est pour cela que je ne veux pas parler d’amour, pour ne pas me rendre malheureuse si je perd l’un de vous, ou les deux.
- Mais en imaginant que Richard soit dans la même situation que moi, mais que l’on en veule pas te perdre non plus, tu ferais quoi ?
- En gros, tu me proposes le ménage à trois, on en revient au point de départ !
- Oui, je sais, mais tu vois, si vraiment tu ne veux pas, tu pourrais trancher toi
- Oui, enfin tu me donnes pas le rôle le plus facile, et si tu demandais à Richard
- Oui, je peux lui demander, mais puisqu’au fond de toi, tu ne sais pas si c’est de l’amour, c’est peut être plus facile de trancher maintenant pour toi, non ?
- Ce n’est pas plus facile, je ne pense pas car, comme je te l’ai dit, je refuse de penser que c’est de l’amour pour me préserver… donc
- Et tu es capable de vivre cette relation ? à trois ?
- Capable, oui je le pense, quand à savoir si j’en ai envie, non pas vraiment. On va se faire du mal à mon avis
- Oui, c’est ma peur aussi.
- Et si Richard me choisissait
- Euh, j’aime mieux pas y penser
- Non mais, est ce que tu m’en voudrais ?
- T’en vouloir à toi non, je ne crois pas, mais être anéanti par la perte des deux personnes que j’aime, oui, c’est clair
- Surtout par la perte de Richard
- Mais je t’aime beaucoup aussi
- Oui mais tu aimes Richard VRAIMENT
- Le mot ne t’a pas plus
- Non, j’essaie juste de te faire comprendre que tu peux trancher en arrêtant tout avec moi de suite, parce que tu aimes Richard
- Oui, tu as raison, c’est à moi de le faire, mais il faut aussi que j’en parle à Richard, savoir ce qu’il veut lui ;
- Oui, et tu vas pouvoir lui demander de suite ! dit elle en entendant que l’on sonnait à la porte.
Elle se dirigea vers la porte et l’ouvrit. Richard était là, en train de fumer sa clope sur le palier. Il l’écrasa et entra.
J’étais arrivé entre temps et ne laissa pas le temps à Corinne de fermer la porte avant de lancer un :
« - Alors ?
- Alors quoi ?
- Non, Richard arrête, ce n’est pas drôle, raconte
- Et j’ai pas le droit à un petit bisou avant ?
- Si, si, lui dis je en l’embrassant, et maintenant raconte
- Et toi, Corinne ? un petit bisou ?
Elle s’exécuta
- bon alors tout c’est très bien passé ! Ta mère n’en revenait pas, tu as raison, elle avait les jambes coupées, comme elle m’a dit plusieurs fois
- oui, je reconnais bien son expression là
- Mais ce qui la tuait le plus, c’est que je lui annonce cela comme si de rien était. On a plus parlé de moi que de toi en fait
- Ah bon ? donc tu lui as dis que j’étais pas homo et elle a rien ajouté
- Ben si, deux trois questions, mais elle était vachement plus emmerdé pour moi qui était amoureux de toi et qui ne pourrait pas avoir ce que je veux puisque tu n’étais pas homo
- C’est trop ça, elle est trop ma mère quand même. Le matin elle remue ciel et terre pour prouver que je suis homo, tu lui dis que non, et hop c’est bon on passe à autre chose, mais si c’est moi qui le dit, je suis un gros menteur
- Ben tu l’es un peu quand même, je te rappelle, dis Corinne
- Oui, c’est vrai, mais bon, ça me gave quand même
- Attends, t’es pas content du résultat ? demandait Richard
- Si, mais elle m’étonnera toujours ! et elle a dit quoi pour toi
- Ben qu’il fallait que je me fasse une raison, son fils aimait les filles et qu’il fallait donc que je passe à autre chose, que moi aussi je ferai mieux d’aimer les filles
- De quoi elle se mêle, fis je
- Non, mais elle était sincère et gentille quand elle m’a dit cela, et je lui ai dis que j’aimais les filles, mais que j’étais tombé fou amoureux de Yahn et que c’était la première fois que je regardais un garçon ; et là elle m’a dit, tant mieux, cela veut dire que tu te cherches, c’est une passade, un caprice d’ado, et ça va me passer
- Un caprice d’ado… là aussi je reconnais ma mère ! Et ensuite tu es parti
- Non, on a parlé encore, mais bon, je me rappelle pas tout, elle m’a fait sa morale, je l’ai écouté, elle m’a flatté, complimenté
- Oui dragué quoi, fit Corinne
- Oui limite dragué
- Ben elle va pas me piquer mon mec, fis je en rigolant
- Enfin toujours est il qu’elle m’a avoué être soulagé que tu ne sois pas homo, tout en rajoutant pour ne pas me froisser, qu’elle n’avait bien sûr rien contre les homos
- Oui, bien sûr rien pourvu que son fils ne le soit pas, dis je
- Voilà, tu as tout compris et elle a bien vu que moi aussi j’avais compris, donc elle s’est sentie bien mal à l’aise et à changer de sujet en me demandant de venir te chercher pour manger !
- Alors ne faites pas attendre madame, dit Corinne
- Tu manges seule toi ? demanda Richard
- Oui, mais je m’en fiche
- C’est con, mais bon je vais pas t’inviter alors que je suis pas chez moi !
- Oui et moi, ma mère va faire la tronche si je t’invite au dernier moment
- Mais non, fit Richard, elle sera contente car cela confirmera ce que j’ai dis
- On voit que tu ne la connais pas, j’ai jamais invité quelqu’un à la dernière minute
- Y a un début à tout, regarde on en est l’exemple tout les deux !
- Ok, alors allons y, tu viens Corinne
- T’es sûr ?
- Oui Richard à raison.
Nous descendîmes les escaliers qui nous séparaient de mon appartement, et en entrant je lançais à ma mère sans lui laisser le temps de dire quoique ce soit :
« Y a Corinne qui vient manger avec nous, cela ne te dérange pas ?
- Non, j’allais le proposer quand vous descendiez, on n’allait pas la laisser toute seule ! fit ma mère »
Je me dis que soit le discours de Richard avait marché du feu de dieux, soit elle voulait vérifier d’elle-même ses dires.
Nous allions donc passer à table, mes parents, Corinne, Richard et moi.
03:35 Publié dans Nouvelle 1 - Chapitre III | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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