20 août 2006

Sexe crime?

Mon père n’arrivait pas à aller dans le sens de ma mère. Pour lui, cela ne faisait aucun doute, son fils n’était pas homo et il avait une relation tout à fait normale avec son copain, sachant qu’à cet age là, l’amitié n’est pas loin de l’amour. Ma mère elle, pensait tout le contraire, et je ne sais pas comment elle faisait mais elle avait toujours eu un don pour savoir tout sur moi, et deviner même quand je faisais des conneries.
Quand j’étais plus jeune, aux alentours de 8 ans, j’étais inscrit au Judo, sport que j’avais voulu faire non pas par amour du combat mais parce que mon copain de l’époque en faisait et que je ne voulais pas faire de sport seul. Les premières séances se passaient plutôt bien, étant nouveau le prof ne me demandait pas trop de truc. Mais au fur et à mesure du temps, les prises se compliquaient, le sport m’intéressait de moins en moins et le prof était de plus en plus exigeant avec moi, voyant mon manque de motivation. Un jour, mon pote ne pu se rendre au cours. Apprenant cela en arrivant, et une fois que ma mère m’avait déposé, je ne pouvais plus faire demi tour. Pourtant, c’est ce que je fis !
Mon prof n’étant pas encore entré dans le vestiaire, je pris mes affaires et allais me promener seul dans la rue, pendant l’heure du cours, décidant de revenir juste à la fin, pour retrouver ma mère devant. Mais c’était sans compter sur les antennes de ma mère, qui suivant son instinct ( et elle me raconta plus tard qu’elle sentait vraiment au fond d’elle-même que quelque chose n’allait pas) vint plus tôt me chercher au cours, histoire de me regarder un peu et vérifier que tout se passait bien. Bien évidemment, elle ne me trouva pas, et bien évidemment, je pris la branlé du siècle, une première pas ma mère prise de panique parce qu’il aurait pu m’arriver dans la rue à cet age là, une deuxième par mon prof, car j’étais sorti du club alors que j’étais sous sa responsabilité, et une dernière par mon père une fois arrivé à la maison.
Mais revenons à nos moutons, et à ma mère qui essayait avec tous les arguments possible de convaincre mon père sur les doutes qu’elle avait :
« - Tu sais, ton fils, je le connais, et je l’ai déjà vu regarder quelqu’un comme cela, mais c’était des filles. Se regard qu’il a pour son copain est vraiment débordant d’amour. Et puis, leur petit déjeuner… Ils n’ont pas arrêté de rigoler en parlant de leur soirée, j’ai même cru entendre à un moment Richard dire qu’elle n’était pas si petite que cela ! tu te rends comptes ? »
- et alors, fit mon père ! t’es pas un mec toi ! tu ne sais pas qu’à cet age là, on ne parle que de cela ? qu’on fait même des comparaisons ? ce n’est pas pour cela qu’on est homo ! on l’a tous fait de comparer la taille de son sexe avec des copains
- Ah bon ? même toi ? je te vois mal faire cela !
- Maintenant c’est sûr, mais à 15 ans, bien sûr que je l’ai fait, et je peux te dire que c’était des sacrés parties de fou rire !
- Oui peut-être mais tu ne m’enlèveras pas de la tête qu’il se passe des trucs entre eux
- Ça je sais que je ne peux pas t’enlever des trucs de la tête, je n’ai jamais réussi
- Arrête tes bêtises, je suis sérieuse, ça m’ennuie
- Tu veux en avoir le cœur net ?
- Oui
- Alors demande lui
- T’es fou ? je me vois bien lui dire, ça va mon fils ? au fait t’es homo ? t’as couché avec ton copain ?
- C’est sûr que présenté comme cela, non, ça ne le fait pas, mais tu peux t’y prendre mieux, je te fais confiance pour cela
- Ah non, tu te trompes, une conversation comme cela avec mon fils, je ne vais pas savoir faire
- Alors arrête de te monter le bourrichon, et considère que ton fils est comme tout le monde, et qu’il a la chance d’avoir un copain, très gentil et bien élevé d’ailleurs, avec qui il s’entend à merveille !
- Moi je serais d’avis qu’on l’emmène voir le psy
- Mais c’est du délire là, tu vas lui dire quoi au psy ? je crois que mon fils est pédé ? et lui il va te dire et alors ? ce n’est pas une maladie je ne peux rien faire et ce n’est pas un crime non plus, n’appelez pas la police !
- Oui, je ne sais pas moi, je suis pas dans mon assiette avec cela
- Ben en tout cas, si à chaque fois que Yahn invite un copain tu te mets dans cet état là, c’est pas simple. Tu fais pas la même cérémonie pour son frère !
- Ben non justement, avec Thierry, ce n’est pas la même chose. Tu fais bien d’en parler ! lui il ne regarde pas ses copains comme cela, il parle pas de cela avec lui, et je n’ai jamais vu un de ses copains à poil dans sa chambre
- Mais ils sont plus discret c’est tout ! et si tu arrêtais de mater les copains dans les chambres de tes fils, cela irait peut être mieux
- Ne dis pas n’importe quoi s’il te plait
- Bon écoute, on va crever l’abcès de suite
- Quoi ? c'est-à-dire ?
- Et bien c'est-à-dire qu’on va en parler à Yahn
- Maintenant ?
- Oui maintenant, ce sera fait, et tu seras soulagée. Yahn ? Yahn ?
Mon père m’appelait.

Ecrire un commentaire