18 août 2006

Des jours et des nuits.

On était tout les deux coucher sur mon lit, serrés l’un contre l’autre, la main de richard était posée sur mon ventre, ma main sur la sienne. Je regardais le plafond de ma chambre en pensant à tout ce que l’on venait de faire, et je me disais que dans le fond, j’étais bien con de me poser autant de question et de refuser le fait que j’aimais aussi bien les garçons que les filles. Et rectification faite immédiatement dans mon esprit, je n’aimais pas les garçons mais un garçon, Richard.
« - Tu penses à quoi, me dit Richard
- ben, à ce que l’on vient de faire, répondis je un peu honteux
- et ?
- ben rien, je suis bien… et toi ? tu m’en veux pas ?
- attends ! pourquoi, tu m’as attaché ? obligé ? violé ?
- non, rien de tout cela mais…
- Y a pas de mais, je ne t’en veux pas et je peux même te dire, que je suis heureux d’avoir fait cela avec toi, que tu es d’une tendresse et d’une douceur bien supérieure aux filles que j’ai connu, et que j’ai pris mon pied grave !
- …je sais pas quoi dire…
- Dis rien alors, sois cool »
Il se pencha sur moi et m’embrassa. Je n’arrivais pas trop à réaliser ce qu’il se passait, mais je n’avais effectivement plus du tout envie de me prendre la tête. Puis d’un coup :
« - Merde, fis je, on a oublié Corinne !
- t’inquiète, elle n’est pas loin, on va rattraper le coup
- Ok, attend, je sors l’attirail !
J’avais dans le bas de mon armoire, une grande ficelle enroulée avec un morceau de Lego accroché au bout. Richard souriait me voyant déployé mon moyen de communication. Je me dirigeais vers la fenêtre et l’ouvrit :
- on va peut-être enfiler un caleçon, me dit Richard
- Ben, on s’en fout, elle ne voit que le haut de toute façon !
- Oui t’as raison, elle voit rien, et c’est cool de lui parler la bite à l’air ! »
On éclatait tout les deux de rire. Je commençais à balancer le morceau de Lego en dessous de ma fenêtre pour prendre de l’élans, tout en faisant attention de ne pas cogner la fenêtre du voisin du dessous, pour ne pas le faire hurler comme il avait fait un jour où son gamin avait eu la trouille de sa vie en entendant claquer le Lego sur sa fenêtre sans même le voir.
Le Lego frappa une première fois la fenêtre de Corinne sans réaction. Une deuxième fois, toujours rien.
« - Elle est peut-être devant la télé, fit Richard
- ah oui, peut-être, il est quelle heure là ?
- Putain, fit Richard, le temps passe vite quand on s’occupe, me dit il avec un large sourire, il est 23h45
- Ah oui, en effet ! Elle dort peut-être
- Attends, elle nous invite et elle s’endort ?
- Ben, Richard, on lui a pas donné de réponse, et elle en a peut être eu marre d’attendre !
- Ouaih, peut-être, ou alors t’as un trou dans ton plafond et elle est dégoutté de ce qu’elle a vu
- Ben alors là, fis en rigolant, si c’est ça, elle a du sacrément rigolé pendant mes séances de branlette alors ! »
Richard rigolait et je lui tendis la main, qu’il s’empressa de taper.
- Bon, qu’est ce qu’on fait ?
- Essaie encore une fois, me dit il
Le lego recommençait sa course, moi à moitié penché en dehors de la fenêtre, les fesses à l’air au niveau du rebord. Richard s’avança pour me tenir, une main sur la hanche et une main sur mes fesses, histoire de profiter quand même un peu de la situation. Je me retournai pour lui sourire et fut surpris de sentir une résistance au bout de la ficelle, le Lego restait en l’air.
« t’as failli m’éborgner, me dit Corinne
- Excuses lui dis je sans pouvoir m’empêcher de rigoler
- Vous en avez mis du temps pour refaire surface
- Ben, on attendait que tout soit calme chez moi (bonne répartie, pensais je)
- Bon c’est trop tard alors, ou vous comptez venir ?
- Ben je sais pas attend ? me retournant vers Richard
- Tu montes toi, lui demandais je doucement ?
- Oui pourquoi pas, ça peut être drôle, t’as pas envie ?
- Ben tu sais, tenir la chandelle pas trop, mais vas y c’est cool pour moi, pas de souci
- Attends, je vais pas non plus coucher avec elle, tu l’as entendu tout à l’heure ?
- Oui, oui je sais, mais bon, c’est mieux que tu y ailles seule, je crois
- C’est pas comme cela que tu vas te la faire !
- Ben oui je sais, mais de toute façon elle est avec toi maintenant !
- Oui et alors ? toi aussi t’es avec moi non ?
- Si
C’est phrase me toucha particulièrement. Il venait de me dire que ce que l’on avait fait ce soir n’était pas pour lui qu’une expérience de plus, un bon moment, ou un essai « sexuel » mais bien une relation qu’il entamait avec moi, un lien… j’étais heureux.
- Tu sais Yahn, ne crois pas que j’ai fait ce que l’on a fait ce soir à la légère, tu es mon ami et je ne jouerai pas avec tes sentiments ! je sais que cela comptait pour toi, et si je l’ai fait, c’est parce que j’avais envie de toi et de te faire plaisir. Ce n’est pas après que je vais changer cela, au contraire. Je ne te dis pas que je nous considère comme un couple, ça c’est dure, mais je te confirme que j’ai énormément d’estime pour toi, que tu es mon pote, le seul et unique comme cela, et que pour encrer encore plus cela en toi et en moi, on a fait l’amour. Tu comprends ce que je veux te dire ?
- Oui, je suis tellement heureux de te l’entendre dire justement, et je veux juste te dire moi tout simplement que même si on n’est pas un couple, je t’aime.
- Tu vois, y’a pas une fille encore qui a osé me le dire, tu es le premier, et cela a encore plus de valeur pour moi. Mais quand je dis qu’on est pas un couple, c’est juste pour te faire comprendre que je ne vais pas arrêter toutes les relations que j’ai avec les filles comme ça et que j’aimerai que toi aussi tu continues à en avoir
- Oui, j’avais compris, et ne t’inquiète pas, je ne serai pas jaloux de cela, je le comprends, l’accepte et espère le vivre moi aussi, donc pas de souci.
- Je vous dérange pas trop en bas ? entendis je d’un coup
- Excuse Corinne, on est parti dans une discussion, c’est clair c’est pas le moment
- Corinne, là c’est trop chaud, fit Richard. J’entends bouger les parents de Yahn toutes les deux minutes et je sais pas trop, si j’arrive à sortir comment je ferai pour rentrer. J’ai pas envie de causer des soucis à mon pote, surtout si je veux revenir, alors on se voit demain matin Ok ?
- D’ac beau gosse, je t’attends vers les boîtes aux lettres, sur les coups des 10 h ok ?
- Ok, j’essaie d’y être à demain, kiss
- Bisous les hommes, à demain » Corinne ferma sa fenêtre.
Je me retournai, richard était maintenant contre moi, face à face, je sentais tous son corps toucher le mien, j’adorai sa peau.
« - c’est vrai ? tu veux revenir ?
- ben ça ? on est super bien accueilli ici, tu trouves pas ? me fit il avec un clin d’œil
- Si, oui c’est sur
- Et mais tu vas arrêter de bander à peine je t’effleure toi ?
- Ben j’ai beaucoup de mal, j’avoue, tu m’excites un max !
- Oui, mais là j’ai rien fait et on va dormir, ok ?
- Oui, pas de souci, on va se coucher
- Remarque, j’suis égoïste, y’a que moi qui est eu du plaisir ce soir
- Ah non, je te confirme que j’en ai pris beaucoup en t’en donnant
- Oui mais tu sais ce que je veux dire non ?
- Oui, mais t’inquiète, moi ça va, on va se coucher, mais j’aimerai te demander juste une chose
- Ok quoi ?
- T’as envie de dormir dans le lit de camp ?
- Pourquoi tu le veux ?
- Mais non, pas ça
- Oui, je sais j’avais compris, ok, on dors ensemble, dans le petit lit, mais c’est pas ce qui va arranger ta trique ! »

On éclatait de rire en allant se coucher. Il se coucha en premier, souleva les draps, je me lovais contre son corps et posa ma main sur son torse. J’aurai pu rester comme cela des jours et des nuits.

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