21 août 2006

Corinne

Richard était assis en bas de mon immeuble, vers les boîtes aux lettres. Il était presque 10h30 et Corinne n’était toujours pas descendu. Richard me rapporta par la suite la conversation qu’il avait eue avec Corinne.
Elle était arrivée vers 10h45, toute belle, en mini jupe et petit top bleu marine.
« - Salut Richard, fit elle en l’embrassant sur les joues, tu es tout seul ?
- Oui, je sais pas ce qu’il fou, il devrait être là, mais bon ce n’est pas grave, tu vas bien ?
- Oui, très bien merci. Alors finalement, vous n’avez pas osé venir, je me demande si vous ne vous êtes pas mépris sur mes intentions, en vous faisant monter… Il n’y avait rien de tendancieux tu sais, je voulais juste passer un moment avec vous
- T’inquiète on avait compris, mais tu sais les parents de Yahn, ils ne sont pas forcément très cool, donc c’est plutôt pour cela qu’on est pas monté, d’ailleurs je suis sûr que si Yahn n’est pas encore là, c’est qu’il doit batailler avec sa mère pour quelque chose (Il ne croyait pas si bien dire !)
- Tu sais, j’ai vu sa tête hier à Yahn, quand je t’ai embrassé
- Et ?
- Et j’étais emmerdée car je ne voulais pas lui faire de peine, je l’aime bien moi
- Moi aussi je l’aime bien, t’inquiète, mais il n’a rien dit. Je suis sûr pourtant que cela le dérangeait un peu car, il t’aime beaucoup aussi
- Ah bon ? mais beaucoup comment ?
- Ben beaucoup… tu lui plais quoi !
- Mais je croyais que c’était ma sœur qui lui plaisait !
- Ben tu lui diras pas à ta sœur ?
- Non quoi ?
- En fait il est sorti avec ta sœur, pour se rapprocher de toi ! c’est con comme plan hein ?
- Ah oui, très con, c’est sûr ! Ben tu vois, je suis super étonnée de ce que tu me dis… Mais bon il est un peu jeune quand même
- Ah bon, pas moi ?
- Ben non, t’es plus vieux que lui non ?
- Tu parles, un an
- Ah bon ? je croyais plus
- Tu me donnes quel age
- Ben, pas loin du mien, 18 quoi
- Non, j’en ai 16, mais tu as raison, je rentre facilement en boîte.
- Ah ben ça m’étonne pas, tu fais plus. Mais bon pour l’instant c’est un avantage pour toi, tu as raison d’en profiter. C’est marrant mais tu vois Yahn, il fait son age, donc c’est pour cela, j’étais persuadé que tu étais plus vieux. Mais enfin, cela ne me dérange pas. C’est surtout vis-à-vis de ma sœur que cela me dérangerait
- De ?
- Ben d’être avec Yahn
- Oui, et ce que tu as fait hier, on l’oublie ?
- Ce que j’ai fait ? Ce n’est pas plutôt toi qui l’a fait ?
- Oui peut être mais bon, tu t’es bien laissé faire quand même non ?
- C’est clair… très agréable d’ailleurs. Non on oublie pas, mais j’ai déjà un copain tu sais.
- Ok, donc on oublie… mais c’est sérieux ce que je te disais pour Yahn, tu devrais réfléchir
- Ok, mais je t’ai dis, non on oublie pas »
Et en disant ces mots elle s’approcha de Richard et l’embrassa sur la bouche. Sa main droite vint se poser sur la nuque de Richard, pendant que la gauche maintenait son équilibre en s’appuyant sur son torse. Elle l’embrassait tendrement ce qui fit oublier à Richard tout ce qu’il venait de lui dire. Richard la tenait maintenant par la taille et glissait sa main droite dans son dos.
Elle s’asseyait à côté de lui et le regardait fixement, le visage juste à côté du sien
« - quoi ? » fit Richard
Au lieu de lui répondre, Corinne l’embrassa à nouveau sans un mot, en lui posant la main sur sa joue. Ils s’embrassèrent comme cela pendant un long moment, faisant monter en Richard une envie plus qu’intense de passer à des choses plus sérieuses.
Il remonta ses genoux , les pieds à terre, les rapprochant de ses fesses, pour cacher la déformation plus que proéminente que faisait son pantalon à l’entre jambe. Corinne compris son petit manège et lui sourit.
« Tu sais, faut pas te cacher, j’ai compris, et c’est plutôt flatteur pour moi, baisse tes jambes ?
Richard s’exécuta
- En plus, c’est dommage de cacher cela, tu es mis en valeur dis moi… On dirait que tu n’as pas de problème de ce côté-là, dit elle avec un clin d’œil
- Euh non, aucun, je te le confirme, et si tu es intéressée, je peux même te le prouver
- Intéressée oui, mais là, ça irait trop loin par rapport à mon copain, tu comprends ?
- Oui, malheureusement, tant pis, j’m’en occuperai tout seul, dit il avec un sourire
- Ah oui, il te reste plus que cela ! ou alors tu demandes à Yahn !
- Pourquoi tu dis ça ? dit Richard très étonné ?
- Non comme ça t’emballe pas !
- Je m’emballe pas, mais il est pas pédé tu sais
- Oui, je sais, il était avec ma sœur je te rappelle, mais bon avant c’était les rumeurs qu’il y avait sur lui
- Ah bon ? ici ?
- Oui, les mecs d’ici le disaient pédés, mais bon c’est des cons aussi, et ils n’ont plus rien dit quand ils l’ont vu avec ma sœur.
- Ouaih, ben c’est des conneries, c’est mon pote, et celui qui le traite de pédé, je lui pète sa gueule moi
- Ben, ça a le mérite d’être clair ça ! C’est un bon pote on dirait
- Oui c’est mon pote, on se dit tout, on est comme des frangins, je l’aime comme un frère d’ailleurs
- Et lui ?
- Quoi lui ?
- C’est pareil avec toi ?
- Bien sûr ! je te dis on est comme deux frères
- Pourquoi t’es pas venu avant ?
- L’occasion ne s’est pas présentée et puis ses parents sont pas super ouverts
- Ok, donc il vaudrait mieux pas que je m’interpose entre vous deux alors
- C'est-à-dire ?
- Ben je sais pas, c’est le coup classique, je te plais, tu me plais, je lui plais bref trio… on est dans la merde… Donc on fait rien et on est tranquille
- Non, on en a parlé, et on a dit qu’on ne serait pas jaloux d’une fille
- Ouaih, facile à dire, mais à faire, c’est pas pareil !
- Non, c’est bon, on est comme ça, on s’emmerdera pas la vie pour ça. Dis si on arrêtait de parler, je préférai ce que l’on faisait avant ?
- T’es pas un peu coquin toi ?
- Non pas du tout, fit il avec un large sourire. »
Ils étaient en train de s’embrasser tendrement quand j’arrivai vers les boîtes aux lettres. J’étais à la fois heureux de les trouver là tous les deux, et gêné de les trouver bien occupé. Ils étaient tellement beaux que je ne pu m’empêcher de faire doucement histoire de les regarder secrètement un instant.
J’étais partagé. Le bonheur de les voir tout les deux réunis, et l’envie d’être à la place de Richard pour embrasser Corinne, mais aussi être à la place de Corinne pour embrasser Richard. Comment pouvais je gérer un problème comme celui là ? déjà je compris en les voyant que ce n’était certainement pas en multipliant les moments à trois, car cela n’arrangerait pas les choses.
Richard ouvrit les yeux. Il embrassait Corinne, me regardait… Je ne savais pas quoi lire dans ses yeux.
J’étais mal à l’aise. J’avais hâte de lui raconter ma conversation avec mes parents. Je ne savais pas comment faire. Ils s’arrêtèrent, me regardèrent tous les deux. Richard tapota à coté de lui pour me faire comprendre de venir m’asseoir. Je lui fis signe que non et lui dis:
« Je te verrai plus tard. »

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