14 août 2006

Un rendez vous

On était assis à chaque bout de ma chambre, comme si le simple fait d’être proche pouvait me donner des envies impossibles à contenir… On discutait du couple que l’on avait vu l’après midi, Richard voulant savoir si je les connaissais. Je lui dis que ce lieu était connu de beaucoup de jeunes du quartier, et que donc je ne connaissais pas tous ceux qui s’y aventurait. Je lui expliquai que de la fenêtre de la chambre de mon frère on distinguait le début des noisetiers et que bien souvent il m’appelait pour me montrer qui allait prendre du bon temps dans les fourrés ou jouer les voyeurs. On fût surpris une fois de voir le voisin du 5ème y aller avec la femme du ré de chaussé, et on les avait même trouvé gonflés de faire cela au vu de tout le monde, étant chacun marié de leur côté.

 

Richard me demandait s’il m’était arrivé de descendre exprès pour mater, quelqu’un que j’avais vu passer et qui me plaisait, et je lui répondis que oui, non sans rougir.

 

Il me dit que finalement, moi aussi j’avais mes films de cul mais qu’en plus les miens étaient beaucoup plus vivants que les siens. On en rigolait ; Il me dit qu’un de ses potes avait une caméra et qu’il faudrait qu’il revienne avec un jour, histoire de filmer des trucs. Cela ne m’inspirait guère lui expliquant ma peur de nous faire attraper. Regarder, ce n’est pas grave, les gens ils ont qu’à faire cela ailleurs, mais filmer, ce n’était pas la même chose.

 

L’après midi passait tranquillement, nous étions maintenant tous les deux sur mon lit, côte à côte, chacun appuyé sur le mur. Mes épaules touchaient les siennes, j’aimais bien cela au point que lorsqu’il changeait de position, je changeai moi aussi, histoire de me retrouver à nouveau coller à lui, cela le faisait sourire.

 

On entendit un petit bruit sourd qui fit sursauter Richard. Le même bruit retentit à nouveau. Richard cherchait d’où cela pouvait venir et je lui dis :

 

« - Cherche pas, regarde à la fenêtre et tu vas comprendre ! »

 

Richard était étonné de ma réponse et il se tourna vers la fenêtre. 2 secondes plus tard, le Lego attaché à un bout de ficelle vint à nouveau se cogner à ma fenêtre.

 

« C’est quoi, ou c’est qui ? Me demanda Richard

 

-        C’est certainement Sandrine qui a du discuter avec sa sœur et qui doit vouloir me taper sa crise

 

-        Sa chambre est juste au dessus ?

 

-        Non c’est celle de Corinne, mais elle vient souvent là pour me parler à la fenêtre, attends, j’ouvre. »

 

J’allai à la fenêtre et me penchai m’attendant à voir Sandrine juste au dessus de moi . C’était Corinne.

 

« - Hello, il est là Richard ?

 

-        Oui attend ! et me tournant vers lui, elle veut te parler ! »

 

Richard arriva à toute bombe, me laissant à peine le temps de finir ma phrase avant de se retrouver juste à côté de moi. Il posa son bras sur mes épaules, se colla derrière moi et de pencha pour voir Corinne. Je sentais son corps collé contre le mien, et essayait de discerner si je pouvais sentir ce qui m’intéressait sur ma cuisse. Mais rien de bien intéressant pour l’instant ne se dessinait. Richard dit :

 

« - Hello la belle, tu veux ?

 

-        Savoir si tu veux venir me rejoindre ce soir ? ma mère travaille.

 

-        Ce serait cool, mais je t’ai dis, je suis chez mon pote là, je vais pas le laisser

 

-        Ben tu viens avec ?

 

-        Tu veux ? mais Sandrine elle va pas être super d’accord !

 

-        Sandrine ? elle sera dans sa chambre et elle a rien à dire sur ce que je fais, de toute façon elle m’a dit que c’était fini avec Yahn

 

-        Ben, t’en pense quoi Yahn ?

 

-        Moi, j’en pense que ma mère elle va être furax et qu’elle va jamais me laisser monter !

 

-        Ben t’es pas obligé de lui dire non plus ! fit Corinne

 

-        Et tu veux que je fasse comment ?

 

-        Ben discret, tu fais monter Richard, et s’ils entendent rien tu montes juste après, comme ça s’ils remarquent quelque chose, tu dis que richard à laisser des trucs en bas, ou tu inventes un gros balourd, mais ils diront rien puisque c’est Richard.

 

-        Ben dis donc, t’es forte pour les combines toi, fis je

 

-        J’ai l’habitude avec ma mère ! dit elle en rigolant, alors ça te dit de tenter Yahn ?

 

-        Mais je vais faire quoi moi, je vais vous emmerder plus qu’autre chose !

 

-        Et tu crois quoi toi ? que je le fais monter pour qu’on s’envoie en l’air ? Faudrait te calmer bonhomme, c’est pas parce que je suis plus vieille, que le mec est dans mon pieu le soir même !

 

-        Te vexe pas, je disais pas cela pour ça ! Tu veux qu’on vienne pour parler ?

 

-        Oui par exemple, en autre je sais pas on improvisera pourquoi il faut te faire le plan de la soirée ?

 

-        Ne sois pas agressive comme ça avec mon pote, fit Richard en souriant, il est angoissé comme tout, c’est rien

 

-        J’suis pas agressive, je le secoue, c’est tout, il faut qu’il grandisse, il est tout mignon mais s’il veut vivre un peu, il va falloir qu’il soit plus téméraire ! Alors, on fait comment tu viens toi ?

 

-        J’en discute avec Yahn, fit Richard et on te tient informée oK

 

-        Ca roule, tu as vu maintenant comment on fait pour m’appeler ?

 

-        Yes ! »

 

Richard se redressa et me regardait. Il avait compris que j’étais à la fois intéressé par cette invitation mais que j’étais aussi embêté.

 

« Tu sais me dit il, on peut essayer de faire comme elle a dit, toi tu sors pas de ta chambre ce soir et moi j’essaie, ensuite tu viens.

 

-        Oui, ça parait facile, mais je sais pas j’ai la trouille en fait.

 

-        Ecoute, là on va pas tarder de manger avec tes parents il me semble ?

 

-        Oui

 

-        Je vais faire le bon petit gars bien élevé, détendre l’atmosphère. Ensuite on retourne dans ta chambre, et quand tes parents se couchent, je tente le truc ok ?

 

-        Ben on voit comment se passe le repas

 

-        Ca marche pour moi. Fit Richard »

 

Le repas se passa comme il avait dit, il était fort agréable, prévenant gentil, poli, bref avec sa petite gueule d’ange, que je dévorai du regard d’ailleurs, il fit une super impression à ma mère, qui me glissa un « Il est très bien ton copain, j’aime beaucoup » quand je vins l’aider dans la cuisine. Il avait donc réussit le passage obliger des parents, et lorsque ma mère nous proposa de regarder la télé, il lui répondit qu’ils allaient discuter tranquillement dans ma chambre et que de toute façon il ne se coucherait pas trop tard. Ma mère acquiesçait d’un large sourire.

 

En entrant dans ma chambre, Richard me tendit la main pour que je tape dedans, ce que je fis sans réfléchir. Il me glissait la main sur la nuque et me rapprochait la tête de son visage.

 

«  Tu vois mon gars, quand je veux quelque chose, je l’obtiens souvent, il faut tenter, le vouloir et y croire !

 

-        Oui mais bon, ça marche pas tout le temps

 

-        Non c’est clair mais si tu ne tentes pas, tu ne sauras jamais si tu pouvais le faire !

 

-        Oui c’est vrai, alors il faudrait que j’agisse comme ça moi aussi ?

 

-        Mais bien sûr que tu dois réagir comme ça, quand tu veux quelque choses, essaie au moins avant de t’avouer vaincu !

 

-        Ok fis je »

 

Et je lui fis un gros smack sur la bouche pour lui prouver que j’écoutais et appliquais au pied de la lettre ses conseils. Il se mit à rire.

 

« - oui enfin, quand ça t’arrange, t’es plus téméraire !

 

-        c’est clair, mais si je l’étais vraiment, j’aurai mis la langue !

 

-        Oui, et tant pis pour toi, car tu ne sauras pas ma réaction !

 

-        C’est pas trop tard, si ?

 

-        Le simple fait de poser la question, c’est trop tard ! allez pas de regret, il est où le lit de camp ?

 

-        Oui c’est vrai, il est dans le placard, dans le couloir, on va le chercher, vas y passe devant. »

 

Richard ouvrit la porte de ma chambre, et juste avant qu’il passe l’encadrement de la porte je l’appelais :

 

«  - Richard ?

 

-        Quoi ? fit-il en se retournant »

 

Et je l’embrassais fougueusement, cette fois ci avec la langue avant même qu’il n’ait eu le temps de faire quoi que ce soit. Il joua le jeu et me laissa faire, ma langue chercha la sienne, mes mains lui tenaient le visage.

 

« J’ai t’embrasser, lui dis je en lui passant devant et sortant de ma chambre. Il ne bougeait plus

 

-        Tu viens, lui demandais je ?

 

-        Euh oui, j’arrive. Là tu m’as bien eu

 

-        Je trouve aussi.

 

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