10 août 2006
Les deux sous la main.
On s’était installé en bas de l’immeuble dans le hall d’entrée, bravant les regards des voisins qui ne supportaient pas lorsque des gamins restaient ici, mais là on ne faisait rien de mal, on était assis tranquillement derrière le petit mur qui faisait recoin pour cacher les boîtes au lettre.
Il y avait pas mal de place pour nous deux, pourtant Richard avait choisi de s’asseoir juste contre moi. Ses cuisses touchaient les miennes, et cela me suffisait pour imaginer tout le reste et commencer à être excité. Je ne me reconnaissais pas, il était quand même vraiment particulier parce que, combien de fois j’avais été aussi proche, voir plus (ayant dormi dans le même lit qu’un copain, un an auparavant, pendant une semaine de vacances et dans un lit une place !) mais jamais cela ne m’avait fait cet effet là.
Je brisais le silence une première fois :
« - Richard ?
- quoi ?
- Je peux te poser une question ?
- Je t’écoute ?
- C’est quoi l’amour pour toi ? »
Je sais elle n’était pas simple ma question, mais j’avais besoin de savoir quels mots il allait mettre sur ce sentiment. Il faisait une drôle de tête, j’avais l’air de lui avoir poser une colle… Pas de réponse, je brisai le silence une deuxième fois :
« - Alors, tu me dis ?
- Ben, t’en a de ces questions toi ! c’est quoi l’amour pour moi ?
- Oui ?
- C’est euh, quand tu ne peux pas réfléchir sans penser à l’autre, quand tout ce que tu fais, ce que tu penses te ramène à l’autre, quand tu t’aperçois que ton cœur bas la même mesure que l’autre, bref quand un et un font un.
- C’est beau !
- Oui mais ça peut être vite chiant ou faire mal si l’autre ne ressent pas la même chose !
- Oui, mais quand tu dis l’autre, tu penses…
- Ah je te vois venir, fit il en m’interrompant, quand je dis l’autre est ce que je pense à une fille ou à un garçon ?
- Oui, c’est ça, tu commences à me connaître toi !
- Et bien, je pense que je vais te faire plaisir en te disant que pour moi, l’amour n’a pas de sexe, on aime, c’est tout, et on ne choisit pas forcément qui
- Donc tu pourrais aimer un garçon ?
- Ca ne m’est pas encore arrivé, mais oui je pense, par contre je me vois mal coucher avec !
- C’est quoi qui te dérange ?
- Je sais pas, ça me paraît crade, mais bon je connais pas non plus.
- Tu as déjà couché avec une nana tu m’as dis,
- Ben oui et même pas qu’une seule !
- Tu l’as jamais prise par derrière ?
- Et ben, te voilà bien téméraire d’un coup dans tes questions ? tu veux dire en levrette ?
- Non je veux dire sodomie !
- Ah ! carrément ! il est où le mec timide là ?
- Pas avec toi !
- Oui je vois ;
- Cela te dérange ?
- Meuh non, je m’en fou, donc non j’ai pas pratiqué cela encore
- Tu dis encore, donc tu aimerais ?
- Essayé, ben oui c’est clair !
- Donc ce n’est pas crade pour toi ?
- Ah je vois où tu veux en venir, non ce n’est pas crade mais je parlai pas forcément de sodomie, je parlai de sucer le mec, de se toucher, enfin je sais pas, ça me fait bizarre… Pourquoi, tu as envie de te faire prendre toi ?
- Mais non, arrête ! on discute c’est tout !
- Oui mais bon, tes questions sont directes et sur un seul sujet, donc on peut croire que tu as envie d’essayer !
- Essayer peut être, mais me faire mettre non, c’est moi qui arrose, si tu vois ce que je veux dire !
- Oui, très bien, jolie image ! »
Nous étions en train de rigoler, moi la tête poser sur son épaule et lui la sienne enfouie dans ses mains, quand on entendit :
« - et bien, qu’est ce qui vous fait rire comme cela ? »
C’était les filles qui nous avaient retrouvé au son de nos voix. Je m’apprêtai à leur dire qu’on était parti dans des délires de mecs, tout en me levant quand Richard lança :
- on parlait des homos et de leurs pratiques !
- Ben en tout cas cela vous fait rire ! »
Je ne savais plus où me mettre, je ne pensais pas que Richard allait parler de cela, comme ça, et même s’il n’avait rien dit d’extraordinaire, il avait lancé le sujet, et ça cela me dérangeait.
« - et qui ferait la femme, lança Sandrine toujours sur la défensive en rapport avec notre petit entretien d’avant
- Ben écoute, si tu te proposes, je veux bien, lança Richard, mais en revanche si tu parles de moi et Yahn, c’est ni l’un ni l’autre puisque ce n’est pas ce que l’on recherche !
- Sandrine ! fit Corinne un peu étonnée, tu ne serais pas en train de les traiter de pédé par hasard ? Tu es pourtant la mieux placer pour savoir que Yahn ne l’est pas ?
- Mais peut-être croit elle que je le suis ? dit Richard
- Non, mais j’ai surtout horreur qu’on se moque des gens qui sont différents, alors pour calmer le jeu, je vous ai mis sur le même point
- Et bien, premièrement on ne se moquait pas d’eux mais on rigolait de la pratique sexuelle, et deuxièmement je n’ai rien contre les homos et cela ne me dérangerait absolument pas que tu me prennes pour un homo, c’est des types bien en général ! »
Il s’en était sorti avec brio, comme d’habitude et avait mouché Sandrine, sans être trop désagréable, ce qui m’arrangeait particulièrement. Je n’avais pas quitté des yeux Corinne pendant toute leur petite altercation, et je me rendais bien compte qu’elle buvait les paroles de Richard, et qu’elle ne le lâchait pas une minute des yeux. Son charme avait encore agît, mais cela ne m’allait pas du tout !
Richard sentait que j’étais un peu embarrassé par la conversation et gêné par le regard insistant de Corinne, qu’il avait lui aussi évidemment remarqué. Il se leva également et se tourna vers moi :
« - On bouge Yahn ?
- Euh oui, tu veux aller où ?
- Je sais pas moi, j’suis pas d’ici, vous connaissez un coin tranquille pour discuter les filles ?
- Oui, y a bien au fond du parc là, vers les noisetiers ? fit Corinne
- Arrête dis, Sandrine, c’est là où tous les mecs emmènent leur nana, tu parles d’un coin tranquille !
- Oui, t’as raison, dis-je, on va pas les regarder s’activer pendant que nous parlons !
- Ben on est pas obligé de parler, fit Richard, hein les filles, on peut s’occuper autrement ?
- Tu crois quoi toi ? fit Sandrine, que tu vas te taper ma sœur ?
- Sandrine, t’es chiante ! fit Corinne, tu as bouffé du lion ou quoi ?
- Non mais moi, ça me gonfle, je crois que je suis resté sur notre dernière conversation, je savais que je ne devais pas du descendre.
- Attends, je ne t’ai pas mis le couteau sous la gorge non plus, allez reste, joue pas ta chieuse, on va discuter
- Ben écoute Corinne, si tu veux rester, reste, moi je remonte !
- Allez Sandrine, écoute ta sœur, fit richard, soit cool
- Ben écoute, t’as l’air intéressé plus par ma sœur que par moi, alors ne t’embête pas à faire le mec sympa
- Là t’es vraiment lourde, fis je énervé
- Ah oui, c’est ça, c’est touche pas à mon pote, allez bye ! fit Sandrine en prenant la direction de l’ascenseur.
- Ok, à bientôt… peut-être lui dis je
- N’en rajoute pas, elle a l’air super énervé, me dit Richard,
- Ben écoute, sauf ton respect Corinne, je m’en fou un peu en fait, elle me gonfle
- Oui et bien je ne sais pas ce que vous avez tous les deux mais cela ne te permet pas de lui manquer de respect, surtout devant moi
- Non je voulais pas..
- Tu voulais pas, mais tu l’as fait, fit elle en me coupant la parole. Bon les gars, je vais voir ce que je peux faire, je remonte moi aussi
- Tu veux pas rester ? fit Richard
- Non, je vais essayer de la calmer, la connaissant elle doit être sur son lit en train de pleurer, allez, peut-être à toute à l’heure
- Ok, j’espère, fit Richard. »
Elle lui sourit et s’en alla en direction des escaliers. Richard la regardait partir, son regard suivait le balancement de ses fesses, fort agréable d’ailleurs.
« - tu vois pour en revenir à ce qu’on disais, quand je vois un cul comme ça, oui ! je suis pour la sodomie ! » Il éclata de rire et je le suivais illico.
« - en tout cas, elle est encore plus belle quand elle est en colère
- oui c’est clair, en tout cas tu lui plais toi aussi !
- Tu crois ?
- Ben, on voit que ça, elle te dévore du regard !
- Ben je préfèrerai qu’elle me dévore autre chose !
- Oui mais bon…
- Oui je sais, elle est pour toi, c’est ça ?
- Ben écoute, c’est une fille, elle n’est donc à personne, mais c’est sûr qu’elle me plait à 200% mais si elle est avec toi, moi ça m’irait quand même comme ça, j’aurai les deux sous la main !
- T’es trop toi ! les deux sous la main, trop fort, tu ne perds pas le nord !
05:46 Publié dans Nouvelle 1 - Chapitre I | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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