09 août 2006
Elle est sublime.
Elle est sublime.
Sandrine me regardait et se demandait ce que j’attendais pour aller dans l’entrée, ma mère m’appela une deuxième fois, moi j’étais perdu dans mes pensées.
Le simple fait que Sandrine croise Richard me dérangeait. Je ne voulais pas qu’il se fasse une opinion de la sœur avant de voir Corinne, je ne savais pas pourquoi, mais pour moi c’était plus facile de lui en parler que de lui montrer. J’avais un peu honte de ma réaction car Sandrine devait vraiment penser que j’avais honte d’elle.
« Tu m’excuses deux secondes, je reviens
- oui oui, vas y, de toute façon, on finira cette conversation une autre fois, si tu as un copain
- Ok, je te raccompagne ?
- Euh oui. »
Visiblement, j’avais devancé ses pensées, elle comptait bien rester un peu pour participer à notre future conversation ou au moins pour être présentée, mais elle compris vite qu’elle dérangeait vraiment.
Arrivé dans l’entrée de l’appartement, Richard était là juste vers la porte, ma mère était retournée dans la cuisine, il attendait sans rien dire.
« - ben maman ! tu aurais pu le faire entrer !
- Mais il est entré, me répondit elle du fond de la cuisine
- Ben oui mais quand même pourquoi tu lui as pas montré le chemin de ma chambre ?
- Et ben, tu me fais pas le même fromage pour Sandrine dis moi, prit elle plaisir à remarquer sachant l’effet que cela ferait à tout le monde
- Laisse, dit Richard, c’est bon, ta maman m’a fait patienté, y a pas de souci !
- Oui, fit Sandrine, t’es pas aussi embêté avec moi !
- Et n’en rajoute, lui dis je visiblement énervé.
- Bon ok c’est bon ! se retournant vers Richard, ravi de t’avoir rencontré, même si on nous a pas présenté, à plus peut-être
- Oui, à plus bonne après midi, fit Richard.
Elle ouvrit la porte et ne prit pas le temps de me dire au revoir, elle était visiblement très en colère. Je fis un clin d’œil à Richard, pour lui faire comprendre que tout allait bien, et que cela ne me dérange pas qu’elle s’en aille au contraire.
Je fis signe à Richard de me suivre, et nous prîmes la direction de ma chambre. Il y avait quelque chose qui me chiffonnait en lui mais je ne savais pas dire quoi. Un détail, quelque chose dans sa silhouette puis, d’un coup cela me sauta aux yeux, il n’avait pas de sac.
« - t’as pas pris d’affaire ?
- ben en fait, je comptais repasser chez moi après un truc et comme j’étais dans le coin, je me suis dis que c’était con d’y aller pour faire demi tour ensuite.
- Ah ok, tu veux qu’on fasse comment alors ?
- Ben, je vois trois solutions, je dors pas ici, ou tu me prêtes des sapes pour demain, ou on va chez moi et tu dors chez moi.
- Euh, pas dormir ici, sûrement pas, je te prête des sapes, sans problème on devrait trouver cela, je dors chez toi, ce serait avec plaisir, mais je me vois mal entreprendre encore un marathon avec mes parents pour arriver à les décider de changer le programme et me laisser découcher une seconde fois !
- Alors va pour tes fringues, moi ça me va.
- Ok.
- Sympa ta chambre !
- Oui sans plus, elle est petite mais je m’y sens bien, et ce n’est pas un luxe car j’y passe du temps !
- Oui, c’est cool les petites chambres, c’est plus intime. Alors c’est quoi le programme
- Ben tu sais chez moi, ce sera pas pizza tranquille et film de cul ! y a mes parents et j’ai pas de télé dans ma chambre
- No problème, je suis pour le changement !
- En fait, je pensais qu’on allait descendre un peu discuter, en espérant que Corinne sorte ou passe par là pour que je te la montre
- Ah oui, ça c’est sûr que je veux la voir ta Corinne ! mais il faut aller la chercher, ce sera plus sûr !
- Non mais t’es fou toi ! déjà j suis trop timide pour ça et en plus, y a Sandrine elle va me tuer si je monte maintenant et en plus pour aller chercher sa sœur.
- Oui c’est clair mais on peut faire une paire de couilles !
- Quoi ??
- Une pierre deux coups, tu connais pas l’expression !
- Ben si celle là mais je m’attendais pas à l’autre !
- Hehe ! je t’explique le plan ?
- Oui mais je sais pas si ça va être un bon plan !
- Ben écoute le au moins avant de juger ! donc, on monte, tu dis à Sandrine que t’es venu pour t’excuser et me présenter, et tu voudrais aussi me présenter à Corinne et savoir si elle voulait pas toutes les deux descendre discuter avec nous. Comme ça, tu ne seras pas obligé de te planquer pour sortir les 15 prochains jours pour pas que Sandrine te voit, tu me présente Corinne, et on passe un moment avec les deux sœurs et je te dis ce que j’en pense !
- Tout à l’air vraiment simple avec toi ! mais je crois que tu ne connais pas Sandrine, elle est capable de me claquer la porte au nez !
- Et alors, tu auras essayé, et comme cela elle reviendra quand elle veut
- Oui mais bon, moi je ne suis pas comme toi, j’aime pas aller au conflit, ça me fait chier.
- T’as peur de quoi ? de prendre un vent ? et alors ? tu ne vas pas en mourir !
- Non c’est sûr, mais je n’ai même pratiquement jamais parlé à Corinne et tu veux que je l’invite à descendre avec nous ?
- Oui, je veux
- Ben moi je ne peux pas, je suis désolé, j’y arriverai pas !
- Ecoute, tu arrêtes de te faire un film de tout et tu viens, on monte les voir. »
A peine avait il finit sa phrase, qu’il était déjà sorti de ma chambre, ne me laissant pas d’autre choix que de le suivre. On était sorti de mon appartement, dans les escaliers, entre deux étages, quand la trouille me pris à la gorge. Je ne pouvais pas faire cela, j’étais vraiment tétanisé. J’avais arrêté de monter les escaliers, je ne bougeai plus, ne disais rien. Richard me regarda et compris. Il se plaça juste à côté de moi, son visage à 5 cm du mien, me pris le visage entre ses deux mains et me dit :
« - ne crois pas que je ne sache pas ce que tu ressens ! je sais ce que c’est la timidité, mais tu sais, le trac une fois que c’est passé, tu te demandes vraiment pourquoi tu te fais une montagne de ce que tu devais faire ! Respire un bon coup, prends ton courage à deux mains et on y va, fais moi plaisir. »
La tendresse qu’il y avait dans ses gestes, ses mains, son visage et ses paroles me fit oublier tout le reste. Il m’avait donné des ailes, simplement en me regardant, en me touchant…
Je venais de sonner à la porte des filles, la boule d’angoisse revenait petit à petit.
Joie et peur me sautèrent à la gorge quand je vis Corinne ouvrir la porte :
- Bonjour Yahn, fit elle avec un large sourire, tu veux voir Sandrine ? »
Non, je la voyais elle, et cela me suffisait ! Elle était rayonnante, son regard bleu clair me transperçait, j’étais subjugué. J’’aimai ce que je ressentais à ce moment là car c’était pour une fille, et cela me réconfortait. J’avais toujours au fond de moi, cette peur mélangée à la honte des sentiments que j’éprouvai pour Richard, alors quand je voyais l’effet que me faisait Corinne, j’étais quelque part soulagé… Bêtement.
- Euh oui, voir Sandrine, mais toi aussi
- Moi ? pourquoi ?
Là, c’était déjà énorme ce que j’avais fait, mais bon elle m’en demandait beaucoup en voulant savoir pourquoi. Je ne bougeais pas, ne disais plus rien mais je senti la présence de Richard derrière moi
- Euh, je te présente Richard un pote à moi, Richard c’est Corinne ! »
Je me poussais un peu pour laisser la place à Richard qui n’hésita pas une seconde à se pencher pour lui faire la bise et lui parler
- Salut Corinne, bon alors je viens réparer la grave erreur que viens de faire mon meilleur pote avec ta sœur, et je suis sûr que tu vas nous aider !
- Ben, si je peux oui dit moi, fit-elle
Il avait une facilité à tout arranger qui me sidérait. Elle lui parlait comme si elle le connaissait depuis toujours, le regardait avec un grand sourire qui cachait difficilement l’attirance immédiate qu’elle eut pour lui.
- Ok, alors voilà, je viens de croiser ta sœur chez Yahn, les présentations ont mal été faites, voir même pas faites du tout, donc on recommence tout à zéro. Je te propose de venir nous rejoindre en bas avec ta sœur, pour qu’on face connaissance et qu’on passe un moment ensemble, tranquilou !
La manière dont il avança la chose me coupa les jambes, c’était si simple pour lui, mais la réponse de Corinne m’étonna encore plus
- Ok alors, tu nous accordes 5 minutes, le temps pour moi de convaincre ma sœur et de me changer. »
Hallucinant, il avait obtenu ce que je recherchais depuis 2 ans, en 2 minutes. Comment voulez vous que je ne sois pas en admiration ! J’allais dans 5 minutes me retrouver avec les deux personnes qui comptaient le plus pour moi. J’étais toujours aussi angoissé, mais heureux.
Dans l’ascenseur, Richard me tendit la main pour que je tape dedans, ce que je fis immédiatement, puis il me dit :
- Mon gars, tu as du goût, elle est sublime… »
Cette phrase a pris toute sa force depuis, et je pense que finalement, le plaisir que j’avais quand il me l’a dit n’aurait pas été aussi intense, si j’avais pu imaginer la suite.
06:08 Publié dans Nouvelle 1 - Chapitre I | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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