08 août 2006

Au quatrième sous-sol

Ses lèvres étaient douces, sa manière d’embrasser à tomber, sa langue cherchait la mienne, se mêlait, se démêlait, tendrement, je n’avais jamais éprouvé autant de plaisir en embrassant quelqu’un, de ma toute petite vie amoureuse. Mes mains serraient les draps de son lit, on aurait pas pu me les retirer, les siennes étaient posées, l’une sur ma cuisse, l’autre sur mon coup, l’avant bras posé sur mon épaule, me tenant tendrement la nuque. Je n’arrivais pas à croire se qu’il se passait, et encore moins à accepter ce que je ressentais, j’étais vraiment heureux. Je ne pouvais plus laisser mes mains sur les draps, je commençais à l’enlacer timidement.
Il s’arrêta quelques secondes après et se recula pour me dire :
« J’ai une bonne nouvelle pour toi !
- ah bon ? quoi ?
- je n’ai rien à t’apprendre, tu connais très bien la technique, c’était même presque agréable !
- sympa pour le presque !
- Ben faut pas t’attendre non plus à des merveilles, je ne suis pas bi, je te rappelle
- Oui, c’est bon, je le sais ! donc je ne me débrouille pas trop mal alors
- Oui, c’est top
- Ben faut dire que j’étais vachement inspiré avec toi, je ne sais pas si j’suis comme ça avec Sandrine, mais sûrement qu’avec Corinne, je ferai peut-être même mieux !
- Ah ben tu vois que tu as de l’espoir !
- Je peux vérifier quelque chose sans te faire peur ou t’offusquer ?
- Ben ça, bien sûr, j’ai total confiance en toi
- Ok, alors »
A peine prononcé ces mots, je posais ma main sur son caleçon, juste au bon endroit. Il n’y avait eu aucune réaction suite à notre échange.
« - Ben ça se confirme vraiment que je ne te fais aucun effet !
- la confiance règne, tu es obligé de vérifier ? je te le dis moi, je t’aime beaucoup mais pas comme tu le voudrais. Pourquoi, toi tu es en forme ? »
Je me penchais pour allumer la lumière et lui montrai mon caleçon complètement déformé par l’excitation intense dans laquelle je me trouvais. En regardant en même temps que lui, je m’aperçu qu’on aurait dit que mon sexe n’en pouvait plus d’être enfermé et qu’il tentait désespérément de déchirer le tissu qui l’entravait !
« - Putain, fit Richard, toi faut te soulager à nouveau, tu vas jamais pouvoir dormir, je suis désolé de te mettre dans cet état !
- Non, c’est bon, je vais me calmer, je vais quand même pas passer la soirée à me branler !
- Y a pas de mal à se faire du bien !
- Ben alors, fais moi du bien ! lui dis je en rigolant
- Ah ben on va s’arrêter là, hein ? dit il lui aussi en rigolant »
J’appréciais énormément ce qu’il venait de se passer, non pas forcément le côté sexuel du moment mais plus le rapprochement que l’on venait d’avoir, nous étions maintenant très complice, cette relation était tout ce que je cherchais, le sexe, je m’en foutais un peu, j’avais besoin de lui comme un ami mais le véritable ami, le seul, l’unique, celui avec qui on partage tout y compris ses fantasmes, avec son consentement bien évidemment.
La nuit fut très courte mais plutôt bonne. Le matin, j’avais un peu peur que cela ne soit plus pareil, qu’il ait réfléchi pendant la nuit, qu’il se soit posé trop de questions qui détruiraient les instants vécus, mais non, notre complicité était intacte, et les allusions à notre soirée, agrémentées de petits clin d’œil ne manquaient pas lors de notre petit déjeuner en compagnie de sa mère.
J’appréciai le fait aussi qu’il n’avait absolument rien changé de sa manière d’être avec moi, sa manière de faire ou de penser, allant jusqu’à continuer à se changer dans la même pièce que moi, en étant nu face à moi et discutant tranquillement tout en s’habillant, sans aucune équivoque, prouvant à mes yeux qu’il avait complètement compris et accepté le fait que dans ma tête je n’étais pas homo mais peut être bi et en tout cas attiré par lui sans jamais lui imposer quoique ce soit.
Il me restait à passer le cap du bahut, car c’était un monde différent, où nous étions nous même différent. Mais même là, il ne changea rien, ou plutôt si, notre complicité était resté la même et il m’accordait beaucoup plus de temps qu’avant.
Le jeudi matin, il vint vers moi pour me demander si cela tenait toujours pour que l’on se voit chez moi ce week-end. Ne croyant pas qu’il veule venir passer un autre week-end si rapidement avec moi, je n’en avais pas parlé à mes parents. A peine m’avait il posé la question que j’étais en route pour la cabine téléphonique, à l’accueil du collège. Cela ne fût pas simple de faire accepter l’invitation à ma mère, la prévenant au dernier moment, mais je lui fis remarquer que ce n’était pas non plus un prince qu’on allait recevoir, et que je ne lui demandais rien de plus que de prévoir une personne de plus à table.
L’affaire rondement menée, je courrai annoncer la nouvelle à Richard, qui pour moi était une excellente nouvelle.
Les deux jours passèrent plus lentement que d’habitude, mon impatience à vivre d’autres moments privilégiés avec Richard étant tellement forte.
Le samedi, la sonnette de notre appartement retenti. Je n’eus pas le temps d’aller à la porte d’entrée, avant que ma mère ne l’ouvre.
« Bonjour madame,
- ah bonjour Sandrine, comment tu vas ? entre ! »
J’avais beau faire de grands signes en forme de moulin à vent à ma mère pour attirer son attention et lui demander qu’elle parte, elle s’empressa de la faire entrer.
« Tiens regarde qui vient t’accueillir Sandrine, fit elle en me montrant du doigt
- Bonjour Yahn, je peux te parler 5 minutes ?
- Salut, oui tu veux quoi ?
- Mais yahn voyons, allez dans ta chambre, vous serez mieux pour discuter, me dit ma mère »
Elle avait un don pour mettre les pieds dans le plat, et m’embrouiller une affaire qui aurait pu être pliée en 2 secondes. Je crois aussi qu’elle voyait que j’attendais mon pote, et que cela l’embêtait que je puisse jeter ma copine sous prétexte qu’un copain venait… solidarité féminine, je suppose.
On était maintenant dans ma chambre, moi assis sur mon bureau les pieds sur ma chaise, et Sandrine assise sur mon lit ;
- Yahn, j’ai l’impression depuis quelque temps que tu ne veux plus vraiment sortir avec moi, mais que tu ne sais pas comment me le dire. »
Je ne sais pas comment font les filles, mais elles ont un pouvoir à deviner ce que l’on ressent qui m’a toujours subjugué. Mon problème, c’est que j’étais trop gentil, et je ne voulais donc pas lui faire de mal.
« - non, non pas du tout, ne dis pas cela, c’est juste que j’ai plein de trucs en ce moment, et que j’ai pas eu beaucoup de moments à moi !
- oui et t’en a pas eu beaucoup pour moi non plus
- ben oui c’est sûr, tu sais, j’ai pas de souci avec toi, je t’assure
- ben moi, j’en ai un
- Ah bon ? vas y dis moi
Mais à ce moment là, ce que je redoutais depuis le début de la conversation arriva, on sonnait à la porte.
« - Yahn, tu viens s’il te plait, c’est ton ami ! »
Richard était à la porte de chez moi, Sandrine dans ma chambre, Corinne certainement au dessus de nous dans sa chambre, et moi… au quatrième sous sol.

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