06 août 2006

Bonne nuit!

« Je vais chercher le matelas. »
Je sentais bien qu’il était énervé mais je n’avais trouvé aucune réponse à sa question, et j’étais vraiment super emmerdé de la tournure que prenait la soirée. Il alla dans le placard du couloir et récupéra le matelas.
Une fois déplié à coté de son lit, il se mit à quatre pattes et commença à souffler dans la valve.
« -tu n’as pas de gonfleur ? Ça va être chaud !
- Ben non, je l’ai pété la dernière fois, et ma mère n’a pas voulu en acheté un autre, mais à deux, ça devrait pas être long, tu prendras le relais ok ?
- Pas de souci. »
Il soufflait comme un malade et le matelas prenait assez rapidement sa forme. A un peu plus de la moitié de sa taille finale, Richard me fit signe de prendre la relève. Pendant que je soufflais, Richard cherchait dans son armoire un duvet.
« - t’as besoin d’un oreiller ? Un pyjama ?
- Je veux bien l’oreiller oui, le pyjama j’en ai pas besoin, je dors en caleçon.
- T’as raison, moi j’aime pas non plus les pyj, je dors à poil généralement. Au fait tu veux bouffer quoi toi ? Pizza ça te va ?
- Oui cool, ça me va bien.
- Bon alors je vais faire chauffer le four, et après la bouffe, on se regarde un bon vieux film de cul dans ma chambre ok ?
- T ‘en as ?
- Ben ça, bien sûr, je les enregistre sur canal, quand il le rediffuse dans la nuit, comme cela ma mère elle voit rien
- Pas con, t’en as beaucoup ?
- Non, j’ai que deux k7 alors j’enregistre par dessus, sauf que là y en a un que j’aime bien alors, je le garde pour l’instant.
- Ah bon, il a quoi de spécial ?
- En fait, y’a des scènes de partouzes, et ça m’excite vachement, pas toi ?
- Ben je sais pas, en fait, j’ai pas encore vu de film de cul.
- C’est pas vrai ?
- Ben si.
- Cool, je te fais connaître la bière, et le film de cul ce soir, tu vas t’en rappeler de ta soirée chez moi toi !
- Oui c’est clair, je suis pas prêt de l’oublier !
- Bon aller, on va bouffer, tu finis ta bière ? .
- Ok, c’est parti.
Je me sentais vraiment bien, je crois que la bière commençait à faire son effet. Le repas fût assez rapide car on avait tous les deux envie de mater le film. Richard me dît qu’il aimait bien le regarder cool dans son lit, alors si ça ne me dérangeait pas, on se couchait de suite. Moi, j’étais plus que d’accord puisqu’au moment où il me disait cela, je me rappelais d’un coup la phrase dans laquelle il me disait qu’il aimait se coucher à poil. Je me refusais de croire que j’attendais avec impatience de le voir se déshabiller, mais il fallait bien se rendre à l’évidence, j’en mourrai d’envie.
Je le vis partir dans la salle de bain pour se laver les dents et revenir 10 minutes plus tard en caleçon. Il était trop beau, j’avais l’impression de le voir pour la première fois torse nu alors que j’avais l’habitude de le voir dans les vestiaires. J’essayai de ne pas trop le montrer, mais je n’arrivai pas à m’arrêter de le regarder, son torse était dessiné, ses épaules carrées, ses pectoraux gonflés, il était vraiment craquant… pour un garçon.
J’allai à mon tour dans la salle de bain, pour me laver les dents, mais arriver sur place, je me rendis compte que j’avais oublié ma brosse à dent dans mon sac. De retour dans la chambre, je pris ma trousse de toilette dans mon sac, non sans le mettre sans dessus dessous, ne la trouvant pas de suite.
Je me brossais les dents en pensant à la soirée que j’allais passer, couché à côté de mon pote à regarder mon premier film de cul. J’étais impatient.
En retournant dans sa chambre, je le vis allonger sur son lit, le dos tourné à la porte, il semblait lire un truc. Mais là, j’étais vraiment mal à l’aise en voyant mon sac complètement ouvert. Je commençais à comprendre ce qu’il lisait mais n’osais pas le croire. Je m’approchai de lui et me penchai au dessus de son épaule. Il lisait l’article.
Je crois qu’à ce moment là, si je n’étais pas en caleçon dans sa chambre, je serai parti en courant, je ne savais plus où me mettre, cela faisait deux fois dans la même soirée qu’il me collait avec le sujet que je voulais à tout prix aborder…
« - Pourquoi as tu découpé cet article ? et surtout pourquoi tu l’as amené ? »
je ne répondais rien.
« - Tu espères quoi ce soir ? »
Rien, je n’espérai plus rien, juste partir, me faire tout petit, ne plus exister, m’enfuir, me désintégrer…juste ça !
« - Bon, tu causes plus ? je vais pas te bouffer, quoi que cela ne te déplairait pas à ce que je crois comprendre.
- pourquoi tu dis ça
- je sais pas l’article…
- ben quoi l’article, tu crois quoi, que je veux te violer ?
- soit pas agressif comme ça mon vieux, j’t’ai rien fait moi
- si, tu as fouillé dans mon sac !
- ah non, rectification, le papier sortait de ton sac, j’ai été curieux de le prendre, c’est clair, mais j’ai pas fouillé.
- Ouaih, ok excuses moi, j’ai les boules que tu es vu cela comme ça, c’est tout. Je veux pas que tu te fasses des idées sur moi, c’est tout.
- Mais arrête de te faire un film, je ne te juge pas, chacun son truc !
- Mais non, j suis pas pédé, arrête !
- Ok,ok, ça n’a pas l’air d’être un bon sujet pour détendre l’atmosphère ça…je te propose de mater le film ok ?
- Ok t’as raison.
- Mais je te préviens, y a plus de nanas que de mecs la dedans !
- Putain arrête tu fais chier !
- Mais je te chambre, pars pas au quart de tour mon gars !
- Ouaih ben t’es pas drôle alors.
- Ok, allez c’est parti pour le film. »
Il se leva et mit la k7 dans le magnétoscope. Je n’étais plus tellement sûr de vouloir le regarder, mais quand il se recoucha il me tendit la main pour que je tape dedans, ce que je fis immédiatement, il cligna de l’œil pour me faire comprendre que tout était cool et se coucha sous ses draps.
On regardait le film, tranquille, chacun de son côté, et il avait raison, il y avait des scènes vraiment excitantes, j’en pouvais plus, et lui non plus d’ailleurs car je voyais sa main bouger doucement sous le drap, j’imaginais qu’il se caressait et cela m’excitait encore plus. Il se sentit observé à un moment et tourna la tête vers moi. Il me sourit et me dit :
« - on se branle ? chacun de son côté bien sûr ! rajouta-t-il avec un clin d’œil
- ben ça me gêne un peu moi
- soit cool mec, on est fait pareil et on a la même trique en ce moment, alors faut se soulager on va pas dormir comme ça quand même »
Au moment où il disait cela, il souleva le drap et je vis son caleçon complètement déformé.
« t’as raison, faut que tu fasses quelque chose, lui dis-je en éclatant de rire
- Oui c’est clair, montre moi toi ?
- arrête, déconne pas
- mais non fait voir que je rigole moi aussi !
- ben c’est clair que je suis dans le même état que toi
- alors fait comme moi »
A peine avait il finit sa phrase qu’il glissa sa main dans son caleçon et commença le va et vient habituel. Je n’arrivai pas à enlever mon regard de sa main, il me regardait et rigolait. Puis il tourna la tête pour continuer à regarder le film, et faire comme si je ne le regardais pas, comme s’il ne voulait pas me gêner… Je ne pu m’empêcher plus longtemps de me branler moi aussi.
On était là, côte à côte, lui en train de regarder le film et de se branler, moi en train de le regarder et faire comme lui. Je n’avais pas imaginé que cela se passerait comme cela, je ne l’espérai même pas. Tout à coup, je l’entendis gémir et le vis se retourner du côté du mûr, je compris de suite ce qu’il se passait et sentis moi aussi venir la jouissance qui fût encore plus intense que d’habitude… J’en avais oublié mon bout de tissus, cette branlette était bien meilleure que les autres !
« - c’était cool pour moi, me fit il, je vais me laver, tu y vas après ?
- ok, j’attends.
- Non, c’est con, vient, y’a deux lavabos de toute façon
- Oui mais…
- Arrête, je l’ai vu là, non ? alors t’as quoi à cacher maintenant ?
- Non rien. »
On se dirigea vers la salle de bain, il était devant moi, je regardais ses fesses, il avait un beau cul bien cambré, bien féminin. Il sentait que je le regardais :
« - il est beau hein ? les filles l’adorent, elle me dise que j’ai un cul de nana
- je me disais pareil..
- Oui c’est ce que je pensais. »
On était maintenant dans la salle de bain, chacun à coté de l’autre, en train de se laver le sexe.. Irréelle comme situation… Il me regardait dans la glace, moi je n’osais pas, cela le faisait sourire, je le sentais.
On retournait dans sa chambre, cette fois j’étais devant, j’imaginais qu’il me regardait, cela me plaisait bien, je voulais en avoir le cœur net et je me retournai :
« - mais oui t’as un beau cul toi aussi, mais je ne suis pas intéressé, désolé
- arrête, je t’ai rien dit
- si ! tes yeux ont parlé
- mais non tu dis des conneries
- ouiaih, c’est ça allez viens on va discuter tranquille dans notre pieu
On s’était recouché, chacun dans son lit, nu, et j’étais à nouveau très excité de cette situation. Mais je me dégouttais. J’étais pédé, c’était sûr maintenant, et lui il le savait, et il ne l’était pas. Le seul mec de la terre qui m’attirait n’était pas homo, et je devais faire avec.
« - A quoi tu penses ?
Je répondis sans réfléchir
- A toi
- Et ben, te voilà plus téméraire on dirait
- Non excuse, je pensais juste que tu devais être super déçu
- Déçu ? de quoi ?
- Ben de moi
- Pourquoi ? on passe une bonne soirée non ?
- Euh oui
- Bon alors, je ne suis pas déçu, t’es mon pote, et je t’aime comme tu es
- Ben je crois que c’est ça le problème justement
- Quoi ?
- Ben moi aussi je t’aime
- Ah, ok, mais je crois pas que ce soit de la même manière alors
- Ben je sais pas Richard, y a que toi qui me fait ça, je regarde pas les mecs d’habitude, je te jure
- T emballe pas je te crois, et je vais pas être jaloux de toute façon
- Arrete, t’es pas drôle
- Je sais, ça ne doit pas être drôle pour toi, c’est sûr
- C’est clair, je suis complètement paumé
- Mais quand tu dis que tu m’aimes, c’est sérieux ? t’as euh.. envie de moi ?
- Tu me gêne là
- Attends on peut se parler non ? on est pote merde
- Oui, alors oui, c’est sérieux je crois, et oui de te savoir à poil à côté de moi je suis comme un fou, voilà t’es content ?
- Ben pas vraiment, parce que je te fais du mal sans le vouloir
- Non, tu n’y es pour rien, c’est moi qui suis dérangé
- Arrête de dire des conneries, t’es pas dérangé, l’amour tu peux pas lutter, c’est comme ça
- Oui ça je te confirme, j’en suis le premier étonné
- Ben je veux juste que tu saches que cela ne me dérange pas, c’est juste que tu peux pas compter sur moi pour ça, enfin je crois pas
- Oui t inquiète, je te remercie d’être aussi cool. Pourquoi tu dis je crois pas ?
- Parce que…je sais pas, je crois pas c ‘est tout. »
Ces paroles furent les dernières pendant un long moment. On regardait tous les deux le plafond. J’étais bien, je pense que j’allais passer une bonne nuit.
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